norman-rockwell-the-law-student Ce site est plus spécialement destiné aux étudiants de la faculté de droit de Montpellier, mais tous les visiteurs sont les bienvenus

Il n'est pas sans lien avec le Centre du droit de la consommation et du marché (CDCM) et notamment avec les   Cahiers Teutates qui y sont publiés en ligne.

 

The Law Strudent, Norman Rockwell, 1927

Stockbridge, Massachusetts

 

Figurent dans ce site les cours, notes, articles, etc. qui intéressent ou pas les étudiants, mais également des notes de lectures, peu juridiques, un roman, etc., l'ensemble étant destiné à contrarier l'idée, souvent véhiculée, que le juriste, "confit dans le droit", est destiné à devenir, au mieux, un secrétaire du droit, et au pire un spécialiste de la réglementation qui récite par coeur, comme un benêt, des articles du Code civil et point un juriste, lequel doit, à l'inverse, tenter de comprendre le monde qui l'entoure, être un "honnête homme" comme on disait autrefois, un homme cultivé. Cela dit sans forfanterie ni volonté de donner des leçons au monde entier, avec juste cette petite touche assumée de narcisisme discret que révèle - nécessairement - ce type de blog.

L'ensemble est classé, ou tente de l'être, sur le côté droit de ce site. N'hésitez pas à écrire pour demander quelque chose, une précision, un ajout...

Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 17:09

A voir, à découvrir : le site de tvdma, à savoir la Web TV du droit et management des affaires.

tvdma.JPG

 

Intéressant, c'est une WebTV de service public qui diffuse des podcasts vidéo et audio présentant des

problématiques actuelles en Droit et en Gestion, sous un format synthétique de 3 minutes. Aujourd’hui, ce fonds comporte 1 000 podcasts sur presque 2 500 sujets. L'ensemble des podcasts est accessible gratuitement sur www.tvdma.org. Le contenu diffusé sur le site est certifié par un comité scientifique composé d'universitaires et de professionnels.

Par Daniel Mainguy - Publié dans : Fac
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 14:31

fac droit L'année de la Hyène, d'Henri Meyrignac la suite (sur Les Petites Affiches, une fois par semaine) : Cinq épisodes d'un coup (c'est pas de la chance, çà? A ki kon dit merci ?).

 

 

Episode 9 : Retour vers Denfert

Episode 10 : Nuit Franche

Episode 11 : Colok

Episode 12 : Colloque Bis

Episode 13 : Colloque Ter

 

Episodes 1 à 6, c'est ici

Episodes 7 et 8, par là

Par Daniel Mainguy
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 21:25

Droit de la Distribution – Concours de Plaidoiries

Résultats Cas MRc/K (Master 1 - 2012)

 

Matin (09H45-11h45)

 

Salle 105

Jury : Daniel MAINGUY – Isabelle ALVAREZ – Marion MURCIA

GINIES vs DIVITA

15 – 14

RAUZY vs PASCUITO

18 – 14

MARCOU vs HERRERO-AUGE

13 - 14

 

Salle 007

Jury : Mathias DAVID – Bertrand GAYET – Jean FRANCOIS – Zelda GARCIA LECOEUR

ROUX – SCHMUCK

14 – 16

HENG – BENJABER

11 – 15

LE TREPUEC – SOMMAIN

14 - 18

 

Salle 26

Jury : Julien ROQUE – Julien FAURE – Pauline CASTELOT – Cathie-Sophie PINAT

JACOB vs MAJEWSKY

12 - 11

TAVENET vs PALMA

14 - 13

ROUVIER vs NOFARES

8 - 10

 

Après-midi (15H15-17h15)

 

Bureau CDCM

Jury : Daniel MAINGUY – Julien ROQUE – Alice TURINETTI

PERUCHOT vs BULHER

12 – 18

ROCHE vs LOUPEC

16 – 11

NGA TOUNA vs CAVELIER

9 - 14

 

Salle Info CDCM

Jury : Mathias DAVID – Bertrand GAYET – Jean FRANCOIS - Amandine BOUVIER

SINARD vs HODY

12 - 14

MOHAMMAD vs VERHILLE

13 - 13

LE TREPUEC vs SOMMAIN

14 - 15

 

Bibliothèque CDCM

Jury : Julien FAURE – Pauline CASTELOT – Mathilde CAYOT – Brunelle FESSARD

JULLIEN vs BAKHROU

18 - 11

DE PRECIGOUT vs SABBAN

8 - 14

BOUFFARD vs DESPREZ

14 – 19

 

Par Daniel Mainguy - Publié dans : Fac
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 08:34

fac droit

 

L'année de la Hyène, du toujours mystérieux Henri Meyrignac se poursuit (sur Les Petites Affiches, une fois par semaine).

 

Après le roman d'avant garde, après le "nouveau roman", après le "roman non roman", après le "roman réaliste", après les "legal novels", voici le roman "facdedroit"

 

Episode 7 :Commissariat blues

Episode 8 : Visite guidée

 

Episodes 1 à 6, c'est ici

Par Daniel Mainguy - Publié dans : polar - Communauté : scénario roman net art/web art
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 12:12

La deuxième édition du traité de droit du commerce international, sous la direction de Jacques Béguin et Michel Menjucq, aux éditions Litec, est en librairie. TDCI

 

Le droit du commerce international revêt aujourd'hui une importance stratégique. L'européanisation et l'internationalisation des relations commerciales obligent tous les opérateurs - décideurs et conseils - à le placer au coeur de leurs préoccupations. A la variété des opérations revêtant un caractère international répond une grande variété de régimes juridiques. Ce Traité se donne pour objet d'offrir un instrument permettant d'approcher cette variété. Le livre I présente "L'organisation du commerce international" : Organisation mondiale du commerce, Fonds monétaire international, Communautés européennes, réglementation étatique du commerce extérieur. Les aspects de droit privé du commerce international sont ensuite envisagés dans leur ordre logique. Le livre II est consacré à "L'entreprise privée face au commerce international". Il expose notamment le régime juridique des sociétés commerciales en droit européen et en droit international, la création des filiales et des succursales et la condition juridique des groupes multinationaux. Le livre III, sous l'intitulé "Les opérations commerciales du commerce international", présente la théorie générale du contrat international et analyse les principaux contrats servant à réaliser les opérations de commerce extérieur et à organiser les réseaux de distribution. Le livre IV traite des "Opérations financières du commerce international" : modes de paiement, contrats financiers internationaux. L'ouvrage comporte, enfin, un livre V sur " Le contentieux du commerce international " qui rassemble : le droit judiciaire des opérations de commerce international, le droit européen et international des procédures collectives d'exécution, le droit de l'arbitrage commercial international. Cet ouvrage réunit sous un même volume un ensemble d'informations qui en fait un instrument de travail indispensable à tous ceux qui ont à traiter, sous un angle pratique comme sous un angle théorique, des rapports commerciaux internationaux.

Sommaire :

L'organisation du commerce international

L'entreprise privée face au commerce international

Les opérations commerciales du commerce international (by DM)

Les opérations financières du commerce international

Le contentieux du commerce international

Par Daniel Mainguy
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 11:00

fac droit Un nouveau Roman écrit par un professeur de droit:

L'année de la Hyène

 

Publié sous la forme d'un feuilleton dans Les Petites Affiches depuis début janvier (2012) par un collègue (parisien), le grand Henri Meyrignac.

 

Retrouvez chaque semaine le très bon, le très sublime, le très faculté-de-droit, le très professeurs-agrégés-on-est-les-boss, l'excellent (je connais l'auteur, talent garanti qui se déploie autrement par ses écrits, nombreux, et très lus: mais qui se cache donc derrière ce pseudo?, un parisien vous dis-je !), L'année de la Hyène, dont voici les premiers épisodes (attention ! interro la semaine prochaine) :

 

1 Promotion Oreiller

2 Jules, Octave et l'autre

3 Chinoise épidémie

4 Soutenance à Nanterre LPA, 26 janvier 2012, p. 15

5 Les grandes gueules LPA 2 février 2012, p.15

6 La mélodie du dragueur LPA 9 février 2012, p. 15

Par Daniel Mainguy - Publié dans : polar
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 10:04

SOUTIEN AU PROFESSEUR THOMAS CLAY

 

Actualité de l'affaire Clay :

 

Le jugement du TGI de Paris du 2 décembre 2011 : Tapie débouté et condamné à 10 000 € de dommages et intérêts au profit de Thomas Clay!!!

 

 

Le procès étai fixé au 21 octobre 2011. bernard tapie a fait savoir qu'il retirait sa demande. Mais voilà, c'est un procès pénal et par ailleurs sur citation directe, avec des dommages et intérêts en jeu. Thomas Clay a fait savoir, par l'intermédiaire de son avocat, Matthieu Boissavy que :

 

"Connaissant l'intérêt que vous portez à l'affaire de l’arbitrage Tapie/CDR, mon client, le professeur Thomas Clay m'a demandé de vous informer de l'évolution du procès qui l'oppose à Bernard Tapie. En effet, contrairement à ce que celui-ci a essayé de faire croire avec son désistement, l'audience du 21 octobre prochain (13 h 30, 17e chambre correctionnelle du Tribunal correctionnel de Paris) aura bien lieu et, dans le cadre de l'action que mène désormais mon client en abus de constitution de partie civile de la part de Bernard Tapie, il y sera aussi question de l’arbitrage".

 

Résultat de la pétition : près d'une centaine d'acteurs du droit, avocats, étudiants et enseignants chercheurs ont répondu, en quelques jours l'appel de soutien à Thomas Clay.

 

Soutenez le professeur Thomas Clay, mis en cause par Bernard Tapie dans "l'affaire Tapie" en envoyant un mail à prev warhol$ dmainguy@wanadoo.fr

 

 

 

La « Clay » de l’affaire…

 

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre sur les ondes et dans les facultés de droit : Bernard Tapie a engagé, sur une plainte pour diffamation, une procédure de citation directe contre Notre Collègue Thomas Clay, lui réclamant la bagatelle de 150 000 € de dommages et intérêts pour « préjudice moral », solidairement avec le Nouvel Obs.

Qu’un professeur de droit, et par n’importe lequel, Doyen de la faculté de Versailles et spécialistes reconnu du droit de l’arbitrage et de la pratique de l’arbitrage soit au cœur de l’actualité, dans la presse généraliste, c’est plutôt une bonne nouvelle. Qu’il le soit dans le cadre de cette affaire, en revanche, c’est un bien triste signe pour la liberté d’expression. Certains comparent déjà « l’affaire Clay » à une nouvelle affaire Dreyfus. L’emphase étant passablement ridicule, à la fois pour le comparant et pour le comparé. De l’Ile du Diable au cabinet du Doyen de Versaille, la distance est considérable, même si les tartuffes sont toujours présents, les crapules aux appétits immenses et les incapables délirants ; mais finalement, du bordereau Esterházy à l’incendie des archives du Crédit Lyonnais, en passant par les révélations de l’un des arbitres, tout cela qu’est une affaire de bouts de papier. Si l’« affaire Clay » présente quelques similitudes avec son auguste devancière, c’est uniquement en termes de procédure. Que se passe-t-il donc ? On se souvient que, à la suite de l’arbitrage rendu en juillet 2008 et attribuant à l’homme d’affaires devenu comédien une somme de 403 millions d’euros, dont 45 au titre de la réparation de son préjudice moral. Aussitôt, des doutes sur la régularité de l’arbitrage apparaissaient dans la presse et les milieux politiques, conduisant à une réunion de la commission des finances de l’Assemblée nationale devant laquelle, déjà, Thomas Clay était invité à donner son avis. Trois ans plus tard c’est au tour de la Cour de discipline budgétaire de mettre en cause deux fonctionnaires de Bercy qui présidaient les établissements de défaisance des actifs du Crédit Lyonnais pour avoir largement favorisé le recours à l’arbitrage contre, semble-t-il, quelques avis autorisés. L’affaire prend une nouvelle dimension politique avec la mise en cause de la Ministre de l’Economie par la Cour des comptes, par le procureur général près la Cour de cassation et par le procureur de la République près la Cour de discipline budgétaire.

C’est dans ce contexte que notre collègue Thomas Clay, spécialiste du droit de l’arbitrage, répond à une interview du Nouvel Observateur, le 10 avril dernier, dans laquelle il affirme que « on sait depuis longtemps que le recours à l’arbitrage dans cette affaire était illégal », et d’enchérir «il y a une succession invraisemblable de manœuvres, organisées depuis le plus haut sommet de l’Etat, pour systématiquement franchir les obstacles juridiques et moraux qui s’élevaient face à la volonté intangible de régler l’affaire Tapie par voie d’arbitrage » pour conclure : « les indemnités reçues par Bernard Tapie ne pourront être remise en cause que par le biais d’un recours en révision ». Interprétation personnelle, prise de position aventureuse, coup politique, appréciation scientifique ? Peu importe, la liberté d’expression d’une part et la liberté, encore constitutionnellement protégée, des professeurs des universités d’autre part, devraient concourir à laisser le débat libre. C’est d’ailleurs le métier, le goût et l’expertise mais surtout la liberté de Thomas Clay que de discuter des questions juridiques tournant autour de son champ de recherche, et c’est finalement une chance qu’il parvienne à faire valoir son point de vue hors du champ serré de la presse spécialisée, c’est si rare. Que cela entre en concurrence avec des intérêts qui divergent des siens est une péripétie permanente et inhérente au débat scientifique même si, il est vrai, rares sont les hypothèses dans lesquelles elles font la une d’un journal. Lorsque nos collègues Denis Mazeaud et Yves Lequette par exemple se disputent sur le sens de l’interprétation du droit des contrats ou sur l’hypothèse d’un droit européen des contrats, lorsque l’affaire Perruche divisait les juristes en deux camps, les enjeux ne sont pas moins politiques et ils ne mettent pas moins en jeu la régularité d’une décision de justice et des intérêts économiques ou sociaux considérables ; personne n’a cependant crié au loup pour dénoncer une prise de position quelconque. Pratiquement tous les débats juridiques n’ont pas une simple assise juridique : il s’inscrivent au contraire dans une toile de fond où ces intérêts sont systématiques. Pourtant, dans l’affaire Tapie, la prise de position de l’un de nos collègues « universitaire supposément spécialiste de l’arbitrage » comme l’indique la plainte du comédien, le conduit sur le banc des accusés, dans un procès en diffamation. L’enjeu est capital : Thomas Clay, et donc un universitaire, a-t-il le droit de mettre en doute la légalité d’une procédure, d’un acte juridique ? L’affirmation du contraire serait tout même le comble : ce serait comme si l’on déniait à un médecin la possibilité de critiquer une méthode clinique, à un mathématicien de douter de la validité d’une démonstration scientifique, à un philosophe de démonter une action politique, à un critique littéraire de faire autre chose que compter les fautes d’orthographe, à un prêtre de renoncer à défendre l’idée de Dieu en terre de mission. Mais le comble c’est que, effectivement, Thomas Clay se retrouve un peu dans la position d’Emile Zola dans l’affaire Dreyfus lorsque, en 1898, le ministre de la guerre avait porté plainte contre l’auteur du célèbre « J’accuse » le conduisant devant les Assises de la Seine parce qu’il avait déclaré que le Conseil de guerre avait commis une « illégalité […] par ordre ». L’avocat de Zola fit citer deux cents témoins. La réalité de l'Affaire Dreyfus, inconnue du grand public, fut alors étalée dans la presse et largement discutée. Autres temps, autres mœurs, on peut évacuer la redite du procès Zola, qui fut condamné à un an de prison dans une parodie de procès, mais pour se dédouaner de l’accusation de diffamation et échapper à la demande, alimentaire, d’une indemnité de 150 000 €, Thomas Clay devra, comme Zola, démontrer à la juridiction saisie en quoi l’arbitrage Tapie était régulier ou irrégulier, ce qui dépasse très largement le risque de la saisie par le Procureur général Jean-Louis Nadal de la Cour de Justice de la République, contre Mme Lagarde ou de la Chambre de discipline budgétaire de la Cour des compte contre les fonctionnaires de Bercy. C’est donc à Thomas Clay de défendre sa position et, par là-même, de porter l’estocade en faisant le procès du procès Tapie, faisant de cette affaire une affaire extraordinaire à bien des égards. Il est extraordinaire qu’un arbitrage, dont le principal avantage est la discrétion, fasse l’objet d’une telle publicité allant même jusqu’à dévoiler la sentence quelques jours ou heures après son rendu. Pour qui connaît le monde et la pratique de l’arbitrage, où le seul fait de présenter une sentence rendue dans une affaire voisine comme pièce fait toute une histoire, la transgression est exceptionnelle. Il est extraordinaire qu’un arbitrage soit rendu dans une affaire qui fait appel à l’intérêt de l’Etat. Il est extraordinaire qu’une affaire d’arbitrage soit ainsi médiatisée, au risque de la dévalorisation de l’institution arbitrale qui ne le mérite pas. Et il est extraordinaire qu’un professeur de droit soit ainsi livré en pâture à la vindicte populaire pour avoir osé affronter un mammouth médiatique (ayons également une petite pensée pour Luc Ferry à cet égard). Il est certes plus que probable que Thomas Clay ne se soit pas avancé à de telles affirmations, tant sur la légalité de l’arbitrage que sur la fraude qu’il suppose, sans de solides arguments, qui pourraient revenir comme un boomerang à la face de Bernard Tapie. Mais le problème n’est même pas là, il se situe bien au-dessus : c’est celui de la liberté de plume et de parole des professeurs des universités qui est en jeu.

 

 

D. Mainguy

Professeur à la faculté de droit Montpellier

Arbitre

Par Daniel Mainguy - Publié dans : Fac
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 15:15

La documentation juridique en ligne

 

La documentation juridique, comme la documentation, en général, est une affaire de spécialistes, les documentalistes, dans une tradition ancienne et majeure, à travers l’Ecole des Bibliothécaires et documentalistes, ou la noblissime et peu connue, Ecole Nationale des Chartes, dont l’objectif est la conservation du patrimoine écrit dans une tradition historique de collection des sources.

 

Il y a donc des professionnels de la documentation juridique, et des professionnels de la documentation juridique électronique, dont le plus connu est sans Emmanuel Barthe qui développe un site remarquable sur ce thème (deux en fait) : Précisément.org et Un Blog pour l’information juridique, ce dernier étant le blog du premier.

 

On y trouvera à peu près tout, sur tout (tout ce qui concerne l’information juridique), de manière particulièrement claire, détaillée, précise, actualisée, identifiant assez bien ce qu’est le métier de documentaliste.

 

Dans l’esprit électronique, se développe évidement, l’information en ligne, dont precisement.org rend particulièrement bien compte. Il y a des portails incontournables comme  Legifrance mais encore droit.org, et bien d’autres encore, juridiconline ou la Bibliothèque Cujas.

 

L’ensemble est considérable, tellement que l’on s’y perd : et c’est tout l’intérêt du travail des documentalistes d’aider les pauvres chercheurs que nous sommes tous. Par ailleurs, l’effet de serendipité n’est pas altéré, il est même renforcé par ces nouvelles techniques. La sérendipité (mot parfois aujourd’hui remplacé par celui, très laid, de fortuitude) c’est la traduction de l’effet de Serendip ou Seredipity, identifié à la suite d’un roman de Walpole, au XVIIIème siècle Voyages et aventures des trois princes de Serendip, Serendip étant le terme anglais pour désigner Ceylan (le Sri-lanka). Le Roi de Serendip envoie ses trois fils à l’aventure, munis de quelques indices, parfaire leur éducation et avec ces indices, ils découvrent des faits dont ils n’avaient aucune connaissance, avec sagacité ou de manière fortuite, et, simplement partis pour l’aventure, ils reviennent riches et adulés. On fait aujourd’hui de cette technique l’origine du roman policier, la valeur du travail collaboratif, l’expérimentation par les procédures d’essais et erreurs, mais aussi un synonyme de chance dans une recherche : parti chercher une information dans une bibliothèque, on découvre d’autres informations, bien plus importantes, par chance ou guidé par la bibliothèque. Certains craignirent un temps que cette effet de sérendipité serait affecté par la documentation électronique ; il n’en est rien, tout au contraire et c’est très heureux.

 

Ce qui est plus neuf c’est l’apparition de revues juridiques en ligne et à accès gratuit.

 

A tout seigneur, tout honneur, premier arrivé, premier servi, le cordonnier est (pour une fois) le mieux chaussé, ce sont essentiellement les informations concernant le droit des nouvelles technologies qui sont en général à l’honneur.

 

Elles sont assez nombreuses en effet et souvent des revues émanant de cabinets d’avocats dont :

Juriscom est le plus connu et le plus ancien (1998) : droit français et européen de l’Internet 

Legalis.net

Droit TIC

Lex Electronica

Droit & Technologies: site du cabinet d’avocats belge Ulys
Jnet : la jurisprudence de Internet)

The l.i.n.k., newsletter sur le droit de l’Internet et des télécoms dans les pays européens

 

Se sont développées également des revues « universitaires » sur le net (Sources : Un blog pour l’information juridique) surtout des revues spécialisées (voir le lien).

 

Je voudrais insister sur quelques unes de ces revues, revues-sites, sites-revues.

 

        En premier, Droit et société est publiée par le Réseau Européen droit et société (REDS) qui présente la revue en ligne. C’est excellent, cela s’inscrit dans le courant du Law in action américain, on y trouve des pépites.

 

        A la fois nouveau et ancien, la Revue de droit Henri Capitant depuis 2010, bilingue, en accès gratuit et qui existe aussi en version papier, qui s’annonce, avec son numéro 1 lancé en septembre consacré à l’Analyse économique du droit.  

 

        Droit fondamentaux.org : comme son nom l’indique, publiée par le Centre de recherche sur les droits de l’homme et le droit humanitaire de Paris II.

 

        Cairn info qui publie, gratuitement ou en open access, des revues de sciences humaines dont la Revue française de droit constitutionnel, les Archives de politique criminelle, Droit et société (déjà cité), la revue Pouvoirs, la Revue internationale de droit économique, la Revue internationale de droit pénal et la Revue sur le droit et la politique de la concurrence

 

        Jus Politicum, qui se dit elle-même Revue de droit politique, mais qui traite davantage de droit constitutionnel (magnifique).

 

        European Journal for Legal Studies , formidable source d’information, là encore.

 

       la revue de droit d'Assas, toute neuve, et disponible en ligne.

 

        Le Journal de la la Journal de la régulation (Regulatory Law Review), lancée en 2010 et qui fait la jonction avec la Chaire de la régulation de Science Po, animée par Marie-Anne Frison-Roche.

 

D. Mainguy

Par Daniel Mainguy - Publié dans : généralités
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 14:24

 


Viala
Alexandre Viala : Philosophie du droit, Ellipses, 2010.
Qui doute encore de l'importance de la Philosophie du droit?
Tout le monde. La philosophie c'est une chose, c'est d'ailleurs l'affaire des philosophes, entendons des facultés de philosophie, surtout depuis la guerre des facultés inaugurée par Kant ; la philosophie du droit c'en est une autre.

En outre, cela ne sert à rien : un bon juriste c'est un juriste formé dans une université et mieux encore dans une faculté de droit, formé à connaître le droit, les codes, la méthode de connaissance des règles de droit, un poil de jurisprudence, etc. Le positivisme formaliste légaliste fait encore des ravages majeurs chez les juristes (et pas uniquement chez les étudiants...).

Est-ce bien raisonnable ? Bien sûr le temps du droit naturel est bien loin. Le temps du droit fondé sur la Nature, sa contemplation, n'est plus. Celui  du droit fondé sur la Révélation divine n'est plus guère, du moins en France, encore que, en ces temps discutés de laïcité, d'extrémismes religieux, d'Etats islamiques, les faits montrent que cette prétention à reléguer les religions dans la poussière archaïque du passé de l'humanité est vaine, pour autant d'ailleurs qu'elle soit efficace : la religion de lanon religion est une religion. Celui du droit naturel fondé sur la Raison s'est mué, par la grâce du Code civil, en un positivisme puissant. Un positivisme primaire d'abord, celui de la contemplation idolâtre du Code civil et de la loi conçue comme révélant un Vrai objectif. La rationalité tant vantée de la loi, c'est cet emprunt de rationalité, à Hobbes et Rousseau notamment.

Désormais, c'est donc la théorie du droit qui importe, les guéguerres entre positivistes, le positivisme sociologique, qui n'aura duré que le temps dela gloire de Duguit en France ou de celle, faible de Demogue, le positivisme normativiste de Kelsen, ce pilier unique de la pensée juridique contemporaine, voire le positivisme réaliste de Troper. Ce positivisme qui prétend décrire le droit de manière neutre, d'une neutralité de chimiste, d'entomologiste, avec les fameux "tests de validité" de la norme : n'est norme que ce qui relève du "devoir être" et n'est norme que ce qui est norme désignée par la norme valide supérieure.

Et pourtant... Ce droit positif, qu'en penser lorsqu'il fait obstacle au mariage des homosexuels, qu'il interdit une ingérance militaire dans un état en pleine anarchie, qu'il pose la question du port du voile intégral, lorsqu'il désigne, en droit français, la "qualification de juifs" comme dans les deux lois sur le statuts des juifs de 1940 et 1941,etc. C'est un paradose particulièrement mis en lumière par Danielle Lochak dans un article devenu célèbre sur "la doctrine sous Vichy ou les mésaventures du positivisme".

Par ailleurs, que penser de l'impact de la catastrophe des tsunamis, celui d'Indonésie puis celui du Japon. "Dieu est mort" avait crié Voltaire en apprenant la destruction de Lisbonne en 1755. Et aujourd'hui qu'est-ce qui disparaît : n'entend-on pas les formules, lancinantes : "l'homme est plus faible que Mère nature", et le retour à un droit naturel fondé sur la Nature (deux mille ans de régression ou un véritable progrès humain?). Que penser de l'économisme, les Chicago Boys et leur merveilleux résultat au Chili, en 1973, en Argentine en 1976, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Russie avec Eltisne, en 1991, en Irak en 2003..., économisme qui, sous les couleurs et le travers d'un "néolibéralisme" n'a pour objet que la destruction de l'Etat sur un dogme (une croyance) que les entreprises feront toujours mieux que l'Etat. Effectivement, à Gantanamo ou à Abou Graïb, les entreprises font "mieux" que l'Etat.Cet économisme, relève-t-il de la science ou de la croyance, est-un nouveau positivisme ou un nouveau droit naturel ?

Comment défendre un droit sans comprendre les fondements de celui-ci, comment décrire un droit sans comprendre les méthodes de la description : une solution, Philosophie du droit, d'Alexandre Viala, un excellent ouvrage de philosophie et de théorie du droit, dans une démarche très actuelle, et très axée sur la philosophie analytique, tenant compte de toutes les avancées récentes en la matière. 
Par lemercier - Publié dans : Philosophie
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 09:31

Les aventures de Richard Sharpe et autres grandes saga historiques

 

Le genre des saga historiques romansque n'est pas si varié qu'on l'imagine. Il y a bien sûr celles de Max Gallo, souvent en quatre tomes, il y a des romans historiques, dont les américains se sont fait une spécialité, avec un américano-centrisme parfois confondant.

 

Ilparot.jpg y a surtout quelques séries fleuves et de bonne qualité. Jean-François Parot (qui s'inscrit d'ailleurs dans la grande tradition des diplomates écrivains : Alexis Léger Saint Jonh Perse, Jean-Claude Ruffin par exemple) et ses aventures de Nicolas Le Floch qui, en policier traversant la seconde moitié du XVIIIème siècle, de Louis XV à Louis XVI conduit le lecteur dans cette France et ce Paris prérévolutionnaire, cette société des trois ordres féodaux (le soldat, le prêtre et le travailleur), voire quatre ordres (les nobles, le clergé, les bourgeois, les ouvriers). La fresque historique est admirable et conduit le lecteur dans des enquêtes qui percent le mystère de cette société disparue, avec un talent et des promenades culinaires appétissants. Le dernier de la série, entamée par L'enigme des Blanc-manteau est le neuvième : l'honneur de Sartine, Sartine étant le lieutenant général de la police de Louis XV, puis de Louis XVI.

 

fortune-de-France.gifIl y a bien entendu et il aurait fallu commencer par là la série Fortune de France, de Robert Merle, hélas décédé en 2004, déjà plus ancienne et qui comprend 13 livres. Les six premiers décrivent les aventures d'un jeune noble, Pierre de Siorac, qui cherchent son chemin à travers les guerres de religion, sous les règnes de Charles IX, henri III et surtout de Henri IV, qui devient son mentor. Les 7 autres décrivent la vie de son fils, Pierre-Emmanuel de Siorac, qui montera vivement dans l'échelle sociale, sous Henri IV et Louis XIII. L'originalité de ces livres est, notamment pour les six premiers, de présenter une langue mi-moderne mi-ancienne, mêlée de termes occitans et de vieux français. Il y a des capes, des épées, des femmes, des amours déçues, des intrigues, des guerres, des chateaus, des rois, etc.Tout cela se lit en un été, sans pouvoir décrocher de ces livres exceptionnels. On notera particulièrement le tome 2, en nos vertes années qui se déroule à Montpellier, dans la faculté de médecine, ou Pierre de Siorac apprendà devenir médecin, ce qui lui permet d'exercer une activité professionnelle sans déroger à sa noblesse tout récemment acquise par son père.

 

alatriste.jpgOn peut citer également les aventuers du capitaine Alatriste écrite par un auteur qui rédige également des polars Arthur Perez-Reverte qui se déroulent dans l'Espagne du début du XVIIème siècle durant le déclin de cette Espagne de l'âge d'or. Les personnages sont classiques, un capitaine, Alatriste, qui est le mentor d'un jeune homme Inigo Balboa, qui découvre Madrid, la vie, les femmes, dont la fille de l'intraitable secrétaire du roi Philippe IV, Luis d'alquezar, des poètes, dont le grand Franscisco de Quevedo, un ennemi implcable, Malatesta. Six livres qui commencent avec capitaine Alatriste  et s'achèvent aujourd'hui avec Corsaires du levant. Un film en a été tiré, avec un Viggo Mortensen étonnement espagnol, trop vite scénarisé à mon goût mais qui présente une qualité exceptionnelle, sa photographie. Certaines scènes sont des reproductions des tableaux de Velasquez. Il ny a pas les ménines mais des scènes qui reprennent des compositions de personnages ou des natures mortes dans le films avec une lumière qui rend très convaincant ces essais. A voir rien que pour ces petits moments de bonheur.

 

Enfin, deux séries qui font mal, très mal, à la France, celle des aventures de Jack Aubrey et du docteur Stephen Maturin de Patrick O'Brian d'une part, et celle des aventures de Richard Sharpe de Bernard Cornwell, d'autre part.Des livres qui font mal à la France car ils traitent de l'épopée napoléonienne, mais à l'envers, en quelque sorte, c'est-à-dire à l'anglaise, avec cette curieuse manie qu'ils ont de nommer des lieux publics par des noms de défaites (Trafalgar Square, Waterloo Station, etc.), et qui relatent les aventures d'un capitaine de marine anglaise pour le premier et d'un officier de l'armée de Wellignton pour le second. Pour ces raisons, ces livres ont été traduits tardivement en France.

 

obrian2.jpgDes deux séries, celles des aventures de Jack Aubrey est de loin la meilleure. Une adaptation cinématrographique rend compte d'une partie de la série, Master and Commander de Peter Weir (c'est le réalisateur de Witness, de l'excellent Truman show, du cercle des poètes disparus ou encore du tout récent les chemins de la liberté).


Tout commence en 1800, dans un salon de musique à Port-Mahon, siège de la marine anglaise de la méditerannée. Un jeune officier de marine sans commandement, Jack Aubrey se dispute avec un type mal embouché, irlandais de surcroît, Stephen Maturin. Ils vont pourtant être associés dans une aventure sur un bâteau, un petit, au début, l'un comme commandant et l'autre comme chirurgien de bord, passionné de naturalisme, philosophe et espion du roi. On est ainsi transporté sur toutes mes mers du monde, contre tous les énnemis de sa majesté, les français bien entendu et surtout, les américains, quelques espagnols ou sud-américains après 1815, mais aussi dans la campagne anglaise, en Espagne, aux Etats-Unis, aux Indes, sur l'Ile Bourbon, en Australie. Ce qui est surprenant dans ces livres c'est d'une part qu'on ne s(y ennuie pas, malgré les 20 tomes, malgré le vocabulaire technique de la marine à voile, parce que le ton est tout à la fois léger et profond. Léger dans les aventures, les exploits, les escarmouches, les amours (ils se diputent une même femme), les succès ou les échecs. Profond parce que O'Brian est un humaniste et qu'il est contraint de jongler avec cette contradiction très anglaise : comment validObrian1er la politique anglaise de l'époque, et donc éliminer l'aspiration à la liberté que l'Empire véhicule malgré Napoléon, et être humaniste à la fois. 

Une saga merveilleuse, sans manichéisme, aujourd'hui rassemblée dans la collection "Bouquins" en cinq tomes de qutre livres chacun.

 

 

 

Enfin les aventures de Richard Sharpe de Bernard Cornwell.

aigle-de-sharpe.jpgCette fois, nous sommes plongés dans les guerres d'Espagne. Cinq titres sont aujourd'hui disponible en français, l'aigle de Sharpe étant le premier et l'ennemi de Sharpe le cinquième, en attendant les autres, car il y en a beaucoup d'autres.

rifle.jpg

Les Sharpe's novels ont été publié en anglais dans les années 1980 et la première traduction en français a été réalisée en 2008..., sans doute à la suite du succès, inattendu, des aventures de Jack Aubrey. Cependant le premier livre de la série n'est pas L'aigle de Sharpe (Sharpe's Eagle), mais Sharpe's Rifle, qui raconte comment Richard Sharpe, jeune lieutenant sorti du rang, nommé par celui qui est encore sir Arthur Wellesley, et pas encore Wellignton. Et encore, au terme des aventures de Sharpe, Cornwell a écrit trois livres qui racontent l'ascension de Sharpe comme soldat puis sergent en Indes (Sharpe's Tiger, Sharpe's Triumph et Sharpe's Fortress) puis deux encore sur son retour en Angleterre (Sharpe's trafalgar et Sharpe's Prey) soit un total de 24 tomes, en anglais naturellement (très faciles à lire).

Il est dommage que l'éditeur français ne les ai pas traduits dans l'ordre historique. Par exemple l'Aigle de Sharpe est le troisième de la série de la guerre d'Espagne, mais le huitème de la saga. Le second livre en français, le Trésor de Sharpe (Sharpe's gold) est bien le suivant, mais le troisième, La Compagnie de Sharpe, est le huitième de la série espagnole (le treizième de la sage), et ainsi de suite.

Le style ici est beaucoup plus manichéen : il y a un gentil, Sharpe et son copain, le sergent irlandais Patrick Harper, et d'une façon générale tous les Riflemen traduits par "voltigeurs", qui avaient une place et un uniforme particuliers dans l'armée anglaise. Les Voltigeurs étaient ces soldats placés en amont d'une attaque ou d'une défense chargés de retarder une attaque et de tuer le plus possible d'officiers. Il y ensuite des méchants, qui sont souvent français (pas toujours) ou anglais : Sharpe affronte ses ennemis dans une séquence immuable. Il accumule des gaffes ou des erreurs qui le mettent dans une situation compliquée, dont il triomphe à la fin. Et enfin, il y a toujours une femme, sublime, innaccessible, fuyante, mais qui se retrouve dans son lit, sans aucune difficulté, en raison de son cgarme brutal, la bele et la bête revisité. De ce point de vue, le style est plus adolescent, et parfois lassant. On ne peut pas dire qu'il y ait un suspens démesuré. Il reste que pour les amateurs du genre, historique et napoléonien, la série se présente comme un témoignage unique en son genre (ou bien lire la triste - mais incomparable de qualité - chronique de Patrick Rambaud, La bataille, Il neigeait et L'absent où l'auteur, qui n'aime pas Napoléon ni le napoléonisme, présente trois défaites ou insuccès majeurs, Essling, la Retraite de Russie et Sainte-Hélène) des batailles napoléoniennes, des codes en vigueur, des stratégies, de cette incroyables morgue de l'aristocratie anglaise et finalement, comme pour O'Brian, mais moins bien exprimée ou bien de manière très légère, ce paradoxe, pour les pionniers (anglais) de la théorie de la résistance à la tyrannie, à se (les anglais toujours) représenter comme les champions de la contradiction à l'esprit français, la liberté révolutionnaire et égalitaire, qui ne serait qu'un nouvrau despotisme comparé à la merveilleuse société anglaise (avec quelques éléments d'autocritique ça ou là cependant).

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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 18:13

retour du général En 2010, le général de gaulle aurait 120 ans. Né en 1890, mort en 1970, à Colombey, en achevant une réussite, comme souvent, pour se détendre après avoir corrigé quelques pages de ses mémoires d'espoir.

 

La France était veuve ! C'était il y a 40 ans.

 

Et si... Et si le général n'était pas mort ? Et s'il revenait, une troisième fois ?

 

C'est la trame du livre, très drôle, très touchant, très juste. Piratant les ondes, le général parle à la télé, précédé du "pom pom pom pom" de la radio de Londres, pour appeler les français qui en ont assez de rassembler autour de lui. Est-ce un canular ? Il semble de mauvais goût, de très mauvais goût même, à nos dirigeants, néogaullistes, en proie aux "réformes" si nécessaires à notre temps.

 

La semaine suivante, le général reparle, un mouvement puissant se lève dans le pays, à la stupeur du monde entier, et notamment européen qui s'inquiète. Le président dissous l'Assemblée, et le général reparaît en chair et en os, à 120 ans, accompagné d'Yvonne dans sa vieille DS noire, s'installe à L'Elysée (où il exige qu'on lui facture le loyer et le téléphone, bien entendu). Un train de réforme, comme en 44-45, comme en 58-59, accompagne son retour, favorisant la réindustrialisation, les services publics, la sncf et les transports publics en général, le mariage homosexuel et même la consommation du haschich ! Bref, un retour en fanfare, comme les deux précédentes fois, coupant la chique à ceux qui, le croyant à droite, le voit à gauche, tandis qu'il n'est que français, éternellement français. L'Union  européenne s'arme, en appelle à une invasion pour rétablir la "démocratie" contre le despote, et, finalement, le général, lassé se retire, comme les deux autres fois.

 

Reste un court instant d'éternité, dans le long chemin vers la simplification du tout : on se retrouve quelques dizaines d'années après et le héros, l'auteur, lui-même agé, paraît dans un décor orwelien culturellement apocalytique.

 

Uchronie, Utopie ? Le livre interroge nécessairement. Pourquoi le général reviendrait-il d'abord ? C'est la question sous-jacente dans le livre. En 1940, l'Appel du 18 juin répondait à un abandon, celle d'un pays par un gouvernement de circonstances. En 1958, appelé cette fois, pour faire échec à cette IVè épublique qui ressemblait trop à la IIIème pour être capable de résoudre les problèmes immenses qui se posait à une France étriquée.

 

Mais en 2010 ? Il faut être un peu gaulliste pour adhérer au discours sous-jacent, parfaitement clair cependant, délivré par ce génie de la littérature qu'est benoît Duteurtre. Pas le droit de fumer, pas le droit de parler, pas le droit de savourer une mayonnaise maison dans un bistrot pour accompagner des oeufs durs, etc. Une chappe de plomb réglementaire s'abat sur notre quotidien.

 

Comme le chante Saez ("j'accuse") :

 

"Il parait qu'il faut virer les profs
Et puis les travailleurs sociaux
Les fonctionnaires qui servent à rien
Les infirmières à 1000 euros
Faut qu'ça rapporte aux actionnaires
La santé et les hôpitaux
Va t'faire soigner en Angleterre
Va voir la gueule de leur métro"

 

Quelque chose a changé en France : est-ce la faute à l'Europe, à la réglementation communautaire (évidemment pour un juriste, c'est parlant, un poil exagéré, mais peu importe) contre laquelle il faut se battre pour conserver du lait crû dans le camembert.

 

Est-ce une nostalgie ? Est-ce une mélancolie ? Immanquablement, on songe à l'exposition "La France de Raymond Depardon", à la carte et le territoire de Houellebecque, à la formidable "Mélancolie française" d'Eric Zemmour, sans parler de l'extraordinaire Festivus festivus du regretté Philippe Muray (un monument d'insolence et de politiquement incorrect) que Fabrice Luccini fait très heureusement revivre au Théatre de l'Atelier ...

 

Vers quel monde, quelle citoyenneté ou quelle acitoyenneté, quelle société nous dirigeons-nous? Tout est dans tout et réciproquement : ne pas être dans le vent politique c'est être un réac, un nazi ou un communiste, les réformes sont nécessaires, implacables, Tony Blair, de gauche, Strauss-Kahn, de gauche, le promettent ou l'ont fait. Alors ? Les conducteurs de TGV, les infirmières, les profs, c'est bien connu, sont les grands profiteurs du système. Ne parlons même pas des patrons de PME, trop paternalistes et trop enferrés dans leur notabilité campagnarde, provinciale, pour réussir en Asie, le nouvel Eldorado.

 

Marchons, Marchons, qu'un sang impur abreuve, nos macdo !

 

Ce livre, c'est un régal, une insolence, une incorrection, déjà très présentes dans ses précédents livres (L'avant gardiste, Tout doit disparaître par exemple). Un pamphlet non pas antilibéral, çà aussi c'est ridiculement simplificateur et insignifiant comme formule (tout le monde est libéral, d'une manière ou d'une autre) mais comme alternative à un alignement toujours plus fort sur une culture, une philosophie qui, disons-le tout net, n'est pas la nôtre (ni celle des italiens, ni celle des allemands, ni celle des espagnols, d'ailleurs). Depuis 1815 (Congrès de Vienne après cette funeste journée du Mont Saint Jean que les anglais ont eu l'étrange idée d'utiliser par son nom belge pour désigner une gare, laquelle dessert, depuis, Paris!), la France, ses institutions, plongent allègrement vers un alignement sur la culture classique et néoclassique anglaise. Osons le qualificatif ! Soyons français, sans honte, cessons ces anglicismes ridicules au prétexte que le français c'est ringard (un étudiant me demandait il y a quelques jours : "monsieur le professeur, êtes vous familier avec cette notion"? "Familier avec" ! Même plus besoin d'utiliser un mot anglais, c'est désormais une tournure de phrase qui est utilisée). Vive les ringards ! Qu'on ne s'y trompe pas cependant : être ringard et fier de l'être ne signifie pas être facho, pétainisite, raciste ou autre curiosité du genre, c'est tout le contraire (particulièrement bien montré par Zemmour dans mélancolie française). Soyons ringardement français, politiquement incorrects, mais debouts ! La grande bêtise des pétainiste était d'être couchés, couchés devant les allemands, couchés devant les xenophobes, les antisémites de tout poil, comme aujourd'hui il faut être couché devant les marchés financiers, devant les délocalisations, devant les interdits stupides, devant la production chinoise et le cours du yuan. S'il faut être européen pour défendre les couleurs françaises (et italiennes et allemandes et même anglaises), alors soyons européens, mais soyons le vraiment, en respectant le génie de chaque peuple ou nation, sans s'applatir béatement devant les exigences d'une mondilaisation dont nous sommes, aujourd'hui, les complices tout autant que les victimes, en s'abstrayant des exigences de la mode politique et de l'apparence.

 

Comme disait le général en parlant à un communiste : entre vous et nous il n'y a rien, sinon des cocus et des ratés. 

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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 16:29

apres guerre Après-guerre, Une histoire de l'Europe depuis 1945 : un livre, une somme plus exactement, écrite par un anglais, Tony Judt, hélas décédé cet été, qui trace la voie de la première histoire globla de l'Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Il commence en 1945 et s'achève en 2005, soit 70 ans d'histoire de l'Europe passée au peigne fin d'une écriture et d'une culture politique et historique exceptionnelle.

 

L'europe décrite c'est celle détruite par la "guerre de 30 ans" commencée en 1914 et achevée dans les décombres de Berlin qui doit tout recommencer, face aux deux géants que sont les USA et l'URSS, les grands vainqueurs de la guerre, sur tous les plans, territoriaux, politiques, économiques, moraux, etc.

 

Comment ce qui reste de l'Allemagne et ne se conçoit que sous la forme de Zones d'occupation, peut-elle réussir la transition du nazisme, la "dénazification", ratée d'ailleurs, comment la France peut-elle espérer renaître de cendres fumantes, comment l'Angleterre ruinée et dépassée par son ancienne colonie peut-elle exister, comment les ce qu'on va appeler pendant cinquante ans les "pays de l'Est" par une homotécie politique qu'ils reprocheront fortement à l'Ouest, vont-ils s'adapter à la présence de l'Armée Rouge et le passage vers le communisme dans ces pays, comment le continent même va-t-il supporter les déportations, les déplacements de populations massives (qu'on largement oublié aujourd'hui), les populations de souche allemande expulsées des pays où ils vivaient, des Sudètes, on s'en doute, à la Roumanie ou la Russie, et bien entendu la Pologne, les polonais, les hongrois, les toumains, les grecs, comment cet enchevêtrement de peuples pourra-t-il survivre, en tant que peuples, en tant que résidants d'un continent naufragés, l'Europe, comme ce continent peut-il survivres après les horreurs d'une guerre inhumaine, après les comprimissions, les lachetés, les collaborations, les crimes de guerre et surtout la Shoa ? Telles sont, entre autres, les questions qu'aborde Tony Judt, au début de ce livre, pour décliner, sur un mode narratif, l'histoire de cette Europe morte, sa rennaissance miraculeuse et en tous points fantastiques, sa division, les méfiances contre l'Allemagne, le Rideau de Fer, le Mur de Berlin, toutes les petites catastrophes qui agitent le continent, jusqu'aux guerres de Bosnie et du Kosovo, la contruction européenne, évoquée avec une maestria rare, l'évocation des grandes idées qui agitent les milieus intellectuels et les salles de presse, les grands bouleversements économiques, pris dans chaque pays, avec une justesse qui force le respect. Tout ce qui a été écrit de pertinent, Tony Judt l'a lu et digéré, ce que l'on peut vérifier notamment lorsqu'il évoque les questions purement française, ce qui donne confiance pour l'évocation de tout le reste.

 

Rien n'est laissé de côté, aucun sujet n'est écarté, le tout dans ce style si anglais qui ne se départit jamais d'une dose d'humour et de flegme.

 

Un livre exceptionne, mille pages quand même qui supposent un peu de temps mais qui se laissent lire de bout en bout.

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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 17:02

mortellesvoyelles

Je me suis laissé convaincre de lire ce livre en écoutant une chronique sur France Inter ou sur France Info, je ne sais plus. Celle-ci le vantait comme un livre, un polar, bien écrit, ont la trame reposait sur l'histoire d'un manuscrit tueur sur fond de dénonciation du milieu de l'édition, avec un suspense haletant jusqu'à la fin.

 

Comme les très bons polars ne se comptent pas sur les doigts des deux mains, j'ai sauté sur le conseil.

 

Le résultat  est la flois différent et meilleur.

 

C'est bien l'histoire d'un manuscrit tueur, un roman ayant pour objet un roman, ce qui est souvent un genre dans les romans historiques (du type, un archéologue ou un passionné retrouve les épreuves des évangiles ou du testament d'un roi, etc. et des types plus ou moins sectaires poursuivent le découvreur pour que le bouquin ne sorte pas mais le héros gagne à la fin, type Da Vinci Code, donc).

 

Le héros est un journaliste, plutôt pas mal, séduisant qui commence une enquête in vivo dans le mileu SDF et découvre, à cette occasion le fameux manuscrit, pour lequel des gens (lesquels ? c'est l'intérêt du bouquin mais on est loin des modèles plus haut cités) vont tuer. Ce journaliste a un pote éditeur, un vrai con et il y a, là, un poil de dénonciation des moeurs de l'édition mais rien de bien méchant ni de vraiment délateur. Le manuscrit est publié, c'est un bouquin atroce qui met en scène des meurtres de femme, de manière anonyme (Nemo Nay, annagramme).

 

Ce héros se nomme Oxymor Beaulay. Beau-laid : oxymoron, Oxymor Beaulay, donc. Le ton est donné : Oxy est un fan de figure de réthorique, de cosntruction littéraire savante et l'intrigue place la recherche au sein des lettres, du génie des mots, avec un détour important du côté de l'Oulipo (Raymond Queneau et Georges Pérec), pour conduire le lecteur, sans un instant de souffle, à travers une vraie intrigue policière, avec des méchants policiers, des méchants bandits, un peu de sexe, mais sans excès ni vulgarité, un rebondissement à la fin...

 

Un très bon polar, léché, cultivé, intéressant non pas pour ses dénonciations du milieu de l'édition, mais tout simplement pour ses qualités intrinsèques et ce voyage formidable au mileu des richesses et des finesses de la langue française où les flics cotoient sinecdoques, zeugma et métonie, mais sans prétention ni pédantisme, où le lecteur est conduit, à pas de géant, dans tous ces méandres.

 

Un super polar signé Gilles Schlesser, aux éditions Parigramme.

Par lemercier - Publié dans : polar
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 16:47

Fidèle à cette nouvelle politique de communication suggérée par une lectrice je continue de publier les chapitres, du moins leur départ, sauf le dernier publié in extenso.

 

Les statistiques de visite sont en progrès comme en témoigne le tableau suivant (tableau au 18/10/2010), pas hyper flatteur, mais en nette progression. Cela étant comme mon co-bloggeur sur www.lexcellis-avocats.fr a eu la gentillesse de mettre le lien avec le blog www.daniel-mainguy.fr en tout début et des dizaines d'étudiants s'y précipitent (sur le premier, pas sur le second, sauf par curiosité et je les en remercie), je ne suis pas certain que l'amélioration, très nette, de la fréquentation de ce site-ci soit en rapport quelconque avec cette nouvelle politique, mais bon.

Les statistiques générales de votre blog depuis sa création

Date de création : 19/01/2010
Pages vues : 5 107 (total)
Visites totales : 2 276
Journée record : 19/01/2010 (121 Pages vues)
Mois record :

Par ailleurs, les ventes du livre sont toujours aussi faibles, pour ne pas dire insignifiantes. C'est ainsi : n'étant ni Houellebecque (heureusement), ni Harlan Coben (hélas), ce bouquin ne se vendra pas ou peu, sauf miracle.

 

Enfin, en présentant les premiers paragraphes de chaque chapitre et en voyant le résultat, cela me fait un drôle d'effet : l'essentiel n'est pas disponible (sauf sur le bouquin : précipite-toi, lecteur) et cela rend assez peu compte de son contenu.

 

Les chapitres 21 à 29 (c'est le dernier) sont, sur ce principe kaléidoscopique, désormais disponibles : ils mettent en scène les clés du livre : comme Hussein a connu Souraya, qu'est-il arrivé à cette dernière, quel est l'importance du village de Ljuta et, surtout, de Srebrenica... tout est dans ces derniers chapitres.

 

Je me suis, vraiment, éclaté à écrire ce bouquin, dans des conditions sur lesquelles je me suis déjà expliqué. Vive ses lecteurs!

 

Par lemercier - Publié dans : UPCDM - Communauté : points de suspension
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 18:49

michel houellebecq la carte et le territoireMichel Houellebecq, La carte et le territoire, c'est bien sûr l'événement littéraire de la rentrée.

 

C'est comme Beigbeder, on aime ou on déteste, souvent sans retenue.

 

C'était vrai pour la possibilité d'une île, c'était très vrai pour Platteforme, et peut-être davantage pour Les particules élémentaires et Extension du domaine de la lutte ; là cependant, c'est un roman complètement déroutant que nous offre le génial Michel Houellebecq, l'écrivain français le plus aimé et le plus détesté.

 

Ce livre, c'est l'histoire d'un artiste, Jed Martin, celle de son ascension comme photographe de cartes Michelin puis comme peintre de métiers, de gens de métiers puis de situations professionnelles, jusqu'à un "Bill Gates et Steve Jobs parlant de l'avenir de l'informatique",  ssa vie son évolution, dans le milieu artistique dans lequel, d'ailleurs, il n'évolue pas ou alors par hasard, contre son gré. 

 

 

Cette fois, il ne s'agit pas mettre en scène des partouzes invraisemblables et des putes dans tous les sens comme remède à une misère sexuelle qui serait la plus partagée au monde, mais simplement de présenter, sur un ton délibérément réaliste, l'histoire de Jed Martin.

  

Seulement, Jed Martin rencontre des écrivains, Beigbeder, mais surtout Michel Houellebecq lui-même. Cette mise en situation directe de soi-même par l'auteur est en soi, incroyable. On est très loin de l'idée classique selon laquelle le héros n'est jamais très éloigné de l'auteur, qu'il y a toujours, beaucoup ou peu, c'est selon, une part autobiographique dans un roman. Ici, le héros, Jed Martin, c'est Houellebecq bien sûr, l'auteur, qui rencontre un personnage, Houellebecq. Rien que cela, donne une dimension au livre étonnante : l'auteur se livrant à une discription de lui-même ou plus axactement des lui-mêmes, et de son univers (par itération de ses univers) par la présentation de héros qui ne sont autre que d'autres lui-mêmes : un autoportrait à quatre, six, huit mains, en quelque sorte, avec une finesse (ou une abscence de finesse selon qu'on aime ou on n'aime pas) déroutante : l'auteur se met à poil devant lui-même et, ce faisant, devant nos yeux. On retrouve là le fil de tous les livres de Houellebecq, ne cachant rien de son mépris pour l'homme, ses désirs, ses joies, ses bonheurs petits ou grands, sur un mode misanthrope et un poil mégalo tiré d'une formule qui pourrait être "je n'ai pas rencontré l'amour, donc il n'existe pas".

 

Une autre prouesse du livre est de présenter le monde selon sa dimension manufacturée, industrielle, et ce faisant triste, mécanique et prévisible : tout est normé, l'homme, la campagne, la bouffe, l'art, etc. y compris ce qu'il peut y avoir de plus intime, le bonheur, l'amour, ou de plus immanufacturable, les souvenirs, le terroir, l'authenticité des gens, Dieu, les émotions.

 

 

Puisque tout est manufacturé, multiplié, normé, Houellbecq se multiplie donc aussi : Jed Martin, Houellebecq, Jasselin (un commissaire qui enquête sur un meurtre dont je ne révèle rien ici, ce serait dommage), Olga, la compagne de Jed, un chien même, etc. au fond, tous les personnages sont Houellebecq : La carte et le territoire c'est un peu "dans la peau de John Malkovitch".

 

Le ton terriblement triste, ou plutôt froid peut-être, parce que réaliste et que le réel décrit c'est la mécanique du monde, tient au fait que cette mécanique de l'organique s'achève cependant dans la mort, bien que la grille mécanique de lecture du monde s'applique tout, la vie, le capitalisme (il y a des pages géniales sur le sort du capitalisme), les rapports humains (là encore des pages émouvantes sur le rapport fils/père). Or cete mort, mise en scène, révèle le souhait de Houellebecq de se retirer de ce monde. Une fois de plus donc, un roman génial (et avec toujours cette pointe de drôlerie), car cela reste évidemment un roman, un roman philosophique, un roman humain. Exceptionnel.

 

 

 

Par lemercier - Publié dans : Houellebecq - Communauté : points de suspension
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Mortelles voyelles

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La trilogie berlinoise, La mort entre autres, Philipp Kerr

Testament à l’anglaise, Jonathan Coe

A livre ouvert, William Boyd
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Dorgelès, Les croix de bois
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