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Le Prénom, an anv bihan : une affaire bretonne
Dans la logique centraliste et jacobine, tout ce que qui dépasse l'entendement de quelques rues parisiennes doit être éradiqué, notamment les éléments culturels et/ou identitaires des provinces, notamment celles qui disposent, encore, d'une très forte identité culturelle. C'est le cas de la Bretagne, dont l'usage de la langue est combattu depuis 1794, sans discontinuer, dans des conditions qui seraient aujourd'hui considérées comme scandaleuses, sinon criminelles, si cette histoire avait le malheur d'être connue.
L'un des exemples, parmi, mille est la question de prénoms bretons et notamment de leur orthographe. Depuis la standardisation de l'écriture des différents parlers bretons, l'orthographe bretonne se distingue par une lettre inconnue du français, le "c'h" qui se prononce comme n "h" très aspiré, l'absence de "q" et de "x" et un signe particulier, le tilde "~" sur le n, ñ, qui accompagne certains voyelle pour leur donner un son "an", "in" (mais plus criard, presque québécois) par exemple.
Un prénom, notamment, Fañch", très répandu (sinon, Fanch, serait prononcé à la provençale, c'est joli aussi, mais ce n'est pas Fañch). Le tilde, voilà l'ennemi. L'ennemi contre-révolutionnaire à abattre, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les procureurs de la république, bien suivis par leurs tribunaux, ont combattu le "~", s'opposant à leur retranscription sur les registres d'Etat-civil, voire engageant des poursuites contre les malheureux officiers d'Etat-civil qui auraient eu le mauvais goût, quasi-terroriste, de les enregistrer. Quelques familles ont résisté et ont finalement gagné, devant la Cour d'appel de Rennes, le 3 novembre 2025. Cet arrêt à conduit le ministre de la justice à rédiger une circulaire ordonnant aux procureurs de ne plus poursuivre ces transcription (ils ont peut-être d'autres choses à faire).
Cela méritait un commentaire, parmi bien d'autres, y compris dans la presse généraliste, mais surtout, comme pied de nez, un commentaire en breton. Cela n'a pas été très facile de trouver une revue acceptant de recevoir ce commentaire bilingue, mais je remercie les éditions Lexbase d'avoir accepter cette publication, le premier commentaire d'un arrêt en breton.