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Avertissement

320 8374183« Est-il besoin de préciser que ce roman est une œuvre de fiction même s’il se fond dans une trame historique dramatiquement réelle ? Toute ressemblance avec des personnages ayant véritablement existé ou des évènements qui se seraient vraiment déroulés serait donc purement fortuite, ou alors un coup de chance rare, hormis pour quelques salauds bien connus qui en ont été les acteurs maudits ».

« Inutile de préciser également que les droits d’auteurs sont protégés et appartiennent à Daniel Mainguy (© 2010) ».


« Cet ouvrage est publié sous forme de feuilleton, en ligne, sur www.daniel-mainguy.fr» ou en format "classique".  

 

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Ne pas reproduire sans autorisation : « frappe et on t’ouvrira ».


 

 

La vengeance est un plat qui se vomit froid

 

Ljuta, 3 juillet 1995

 

28. Le colonel bosniaque avait raison. L'endroit était sinistre, battu par les vents, sans arbre dans ce paysage d'alpages, la route jonchée de débris de toutes sortes abandonnés par les troupes serbes en déroute, quelques véhicules calcinés fumant encore, achevant de se consumer, sans une âme pour donner à ces lieux figure terrienne, des charrettes et des véhicules civils abandonnés dans les fossés, débordants de valises ouvertes et pillées, laissées là par les populations qui avaient connu l’exode et l’épuration ethnique. Les véhicules de Lemercier repeints de neuf tranchaient dans ce paysage mortifère, comme des anges tentant de franchir le Styx. Mais ici, les anges pouvaient mordre si on les chatouillait un peu trop. Après quelques kilomètres de ce spectacle de cinéma, le décor changeait un peu. Un bois apparaissait sur la gauche. Lemercier fit stopper les véhicules pour en reconnaître l'orée. Le silence qui les entourait depuis qu’ils avaient quitté les bosniaques à Konjic les incitait à une prudence peut-être excessive. Pénétrant le bois peu épais, les soldats se retrouvèrent vite de l’autre côté tandis que Lemercier et Rahya consultaient la carte pour tenter de se repérer.

— Roméo, ici Golf 1, appela un chef de groupe.

— Ici Roméo, répondit Lemercier. Parlez, Golf 1.

— Ici Golf 1, je crois que nous avons trouvé ce qu’on est venu chercher, Roméo. Vous devriez venir. On est droit devant vous, à cinq cent mètres environ.

— Reçu, Golf 1, terminé.

« Mon petit Rahya, on touche au but, dit Lemercier en se dirigeant en courant vers le lieu indiqué. Marie, vous nous accompagnez ?

— Bien entendu Jacques. Je suis là pour vous suivre, même en enfer.

Le sergent Delaittre qui avait alerté Lemercier et qui commandait le groupe envoyé en reconnaissance à l’approche du village était couché au milieu d’herbes hautes, ses jumelles vissées devant ses yeux, immobile. Lemercier s’approcha et l’imita. Bonnard et Rahya également. Lemercier pouvait sentir le parfum de Marie, allongée à ses côtés, au milieu de parfums d’herbes et de fleurs. L’esprit de Lemercier s’évada un instant. Son coude droit touchait la hanche de Marie. Ils se regardèrent. Sourirent. Leur regard s’attarda sur le sergent, les contraignant à une distance qu’ils ne pouvaient plus supporter. En d’autres lieux, d’autres temps… Il faudrait qu’il lui parle, mais ce n’était ni le lieu ni le moment. Lemercier secoua la tête.

— Regardez mon commandant, dit le sergent qui n’avait rien remarqué ou qui faisait mine d’ignorer le manège qui faisait jaser toute la compagnie, à l’insu de Lemercier, Rahya ou Marie.

« Le village de Ljuta est droit devant nous. On dirait bien qu'il a subi une attaque. Et très récente. Il n'y a apparemment aucune âme qui vive. Dix minutes que j'observe sans rien voir bouger. Il y a des corps de serbes mais pas de soldats bosniaques. On reconnaît des uniformes serbes. Ou bien les bosniaques n’on eu aucune perte, ce qui serait très étonnant, ou bien ils ont eu le temps de récupérer ou d’enterrer leurs morts. C’est tout de même curieux qu’ils aient pas enterrés les morts serbes.

Lemercier ajusta ses jumelles et les passa à Bonnard, sa main s’attardant sur sa paume, puis à Rahya.

— Je retourne aux véhicules. Restez ici, sergent. Si vous voyez quelque chose, prévenez-moi. Envoyez un ou deux hommes en reconnaissance plus rapprochée. A cinq heures, revenez quoi qu'il se passe. Si rien n’a bougé, nous nous dirigerons, toute la compagnie, vers le village. En formation de combat. Au mieux on y passera la nuit.

Rien ne se passa. Les soldats envoyés en reconnaissance aux abords du village confirmèrent l’impression d’abandon. Ils se dirigèrent prudemment en direction du village, précédés les VAB, s'abritant derrière les débris de maison, les murs écroulés, les fusils dressés, comme pour un assaut.

Partout, des corps de serbes morts pendant les combats, dans les maisons, au bord des rues. Mais aucun corps de bosniaque n’était visible.

Ils arrivaient près du centre du village.

— Delta-Echo pour Roméo. Lemercier avait indiqué au sergent Delaittre de se placer dans le VAB de tête et de rendre compte de tout ce qu'il voyait.

— Roméo, à vous Delta Echo.

— On est au centre. Il n'y a personne. Mais vous devriez venir, mon commandant. C’est…, c'est abominable…, mon commandant.

 

(...) 

 

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