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Avertissement

320 8374183« Est-il besoin de préciser que ce roman est une œuvre de fiction même s’il se fond dans une trame historique dramatiquement réelle ? Toute ressemblance avec des personnages ayant véritablement existé ou des évènements qui se seraient vraiment déroulés serait donc purement fortuite, ou alors un coup de chance rare, hormis pour quelques salauds bien connus qui en ont été les acteurs maudits ».

« Inutile de préciser également que les droits d’auteurs sont protégés et appartiennent à Daniel Mainguy (© 2010) ».


« Cet ouvrage est publié sous forme de feuilleton, en ligne, sur www.daniel-mainguy.fr» ou en format "classique".

 

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Ne pas reproduire sans autorisation : « frappe et on t’ouvrira ».


Chapitre 19

 

Chapitre 20

  

Srebrenica

  

Aux abords de Srebrenica, 15 septembre1995

  

 

Près de deux mois et demi plus tard, après la reprise du pont de Vrbanja, en cette fin d’été 1995, Lemercier, Rahya et leurs hommes courraient toujours en vain après Hussein, bien qu’ils aient tenté de le poursuivre jusqu’à Ljuta. Le commandant Bonnard complétait l’équipage comme le leur avait demandé le général Delouvrier.

Lemercier s’était chargé de rédiger le rapport de l’attaque du pont de Vrbanja mené par Meurisse. L’événement avait fait le tour des journaux de la planète. Sans aucun lendemain. L’action n’avait eu pour conséquence que de multiplier les prises d’otages par les serbes pour en faire des boucliers humains et l’ONU avait décidé de ne pas renouveler ce type d’opération. Meurisse avait été décoré. Il avait fait sensation en refusant en direct à la télévision de retourner en France pour faire soigner sa blessure. Lemercier n’avait pas oublié dans son rapport l’action de Marie Bonnard qui s’était montrée impressionnante de courage et de sang froid. 

Il avait envoyé une copie du rapport au général Delouvrier. Il commençait à ressentir plus que de l’attirance pour elle. Et c’était réciproque. Elle l’avait embrassé et il conservait encore le souvenir du baiser sur ses doigts passés sur ses lèvres, dans le chaud de l’action du pont de Vrbanja. Il ne pensait plus guère à Mathilde, et le souvenir de Natacha s’évanouissait très vite. Une seule idée l’habitait : comment allait-il faire pour se rapprocher de Marie ? Ils étaient en campagne, en mission de guerre, tous les hommes les surveillaient de manière plus ou moins ouverte.

 

*

 

Depuis plusieurs semaines, les forces bosniaques s’étaient réveillées, massivement armées par les américains, grâce à une improbable alliance, en jachère depuis son annonce en 1994, avec les croates de Bosnie, et donc avec la Croatie. Ils avaient commencé de bombarder les positions serbes de Sarajevo à l’ouest et au nord de la ville. Tous les soldats français et les anciens casques bleus se réjouissaient de voir les bosniaques réussir là où ils avaient échoué du fait de l’interdit des instances onusiennes. Ils espéraient qu’ils infligeraient aux serbes une raclée magistrale. Ils ne pouvaient exprimer ce sentiment publiquement puisqu’ils assuraient une mission de maintien de la paix, mais bien rares étaient ceux qui ne faisaient pas valoir leur opinion.

 Les forces bosniaques poussaient de façon assez efficace, au nord-est dans la région de Bihac, au centre vers le nord et les zones serbes autour de Banja-Luka et au sud-est, autour de Sarajevo et dans la région de Mostar. Dès la mi-juin, en quinze jours, l’espoir avait changé de camp, sans même parler de l’âme du combat. En réponse, les serbes avaient repris leurs tirs sur Sarajevo. On ne comptait plus les victimes des canons ou des snipers qui avaient réoccupé les positions qui leur avaient permis de terroriser la ville pendant toutes ces années. Les serbes avaient même délibérément visé les bâtiments de la FORPRONU et plusieurs ambassades occidentales. Les soldats français et anglais ripostaient enfin, détruisant ici ou là un blindé, un canon, suffisamment discrètement pour ne pas affoler les médiateurs de l’ONU, mais à la grande satisfaction des soldats qui pouvaient enfin, même maigrement, se venger de toutes ces années d’humiliation diplomatique.

Ces quelques semaines passées à courir la Bosnie avaient permis à Lemercier, Rahya et Bonnard de mieux se connaître. Suffisamment pour que Lemercier n’ait pas l’idée de sauter sur Bonnard à l’improviste. Ni même en le prévoyant à l’avance. Lemercier venait de recevoir une lettre de Mathilde. Elle le quittait. Définitivement cette fois, son avenir passant par un associé du cabinet d’avocats où elle travaillait avec lequel elle comptait enfin organiser une vie normale. Lemercier avait passé une nuit sur cette lettre. Il ne parvenait pas à en regretter les termes. Ni son ex-femme. L’avenir n’avait pas de nom mais son présent s’appelait Marie. Il voulait commencer à le croire.

 

*

 

 

A bord de leur jeep passée du blanc au caméléon, ils se faisaient ballotter d’un nid de poule à l’autre, en cette belle après-midi de septembre. Ils avaient été la première unité de toute la FORPRONU à pouvoir utiliser leurs propres uniformes, en tant qu’unité chargée de la protection du « PTT building », comme on appelait le PC du général de Rougemont dans Sarajevo, et à ce titre première unité de la future Force de Réaction Rapide dont la constitution avait été de plus en plus retardée bien qu’elle avait été annoncée depuis juin, et que Siautelle ou Meurisse aient pu lancer des actions sous leurs couleurs en profitant des balbutiements de sa création. Elle était désormais intégralement constituée. Au moins n'avaient-ils plus à subir l'humiliation de devoir circuler dans les véhicules blancs de la FORPRONU. Qui auraient dû devenir rouge de honte.

  

(...) 

 

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