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320 8374183Avertissement

« Est-il besoin de préciser que ce roman est une œuvre de fiction même s’il se fond dans une trame historique dramatiquement réelle ? Toute ressemblance avec des personnages ayant véritablement existé ou des évènements qui se seraient vraiment déroulés serait donc purement fortuite, ou alors un coup de chance rare, hormis pour quelques salauds bien connus qui en ont été les acteurs maudits ». 
« Inutile de préciser également que les droits d’auteurs sont protégés et appartiennent à Daniel Mainguy (© 2010) ».


« Cet ouvrage est publié sous forme de feuilleton, en ligne, en format .pdf ou html sur www.daniel-mainguy.fr».

 

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Ne pas reproduire sans autorisation : « frappe et on t’ouvrira ».

 

 









Le précédent, chapitre 6  

  La suite, chapitre 8  

 

 

 

 

 

 

Un capitaine d'infanterie

 

Paris, 6 juin1995, 7h00

 

7. Une vingtaine de minutes après avoir franchi la porte cochère de leur immeuble de la rue Saint-Dominique, Jacques Lemercier et Rahya pénétrèrent dans l'immeuble cossu qui abritait leur appartement, celui de Mathilde plus exactement, à l'heure où les éboueurs réveillent les sans-abris pour récupérer les sacs d'ordures laissés la veille sur le trottoir et lessiver la ville de ses immondices. A peine entrés, ils s'étaient écroulés, le sommeil ayant déjà gagné une bataille perdue d'avance. Pour deux petites heures de sommeil.

Le bruit aigrelet du réveil électronique résonna presque au même moment dans les oreilles des deux amis. Autrefois, Mathilde se retournait en maugréant, tirant les drap à elle. Ce rituel se répétait tous les matins, immuablement.

Lemercier secoua la tête à ce souvenir, alors que Natacha avait partagé son lit la veille. Il regrettait de ne pouvoir dormir quelques minutes encore. « Bon Dieu, ça ne va pas pouvoir durer comme cela longtemps » songea Lemercier. La sonnerie le réveilla à nouveau, alors qu’il s’était laissé surprendre par le sommeil. Lemercier écrasa son réveil en songeant une fois de plus qu’il lui faudrait un réveil musical. Il avait jeté un radioréveil  dont la sonnerie imitait le chant cybernétiquement aigre d’un coq électronique doublé des accents d'une voix radiophonique, mécanique et anonyme, débitant les informations du matin. Lemercier avait hérité d'une éducation provinciale et traditionnelle le goût du jazz moderne, de la musique romantique et du début du XXème, et de la variété contemporaine.

Il se retourna dans son lit et se leva en allumant la radio sur sa chaîne hifi écoutant les informations de la nuit qu’il découvrirait dans les journaux du matin.

Les pieds allongés sous la table de verre ronde qui ornait le living, il regardait la vie démarrer dans Paris en sirotant un thé chaud et sucré dans lequel il trempait une tartine dégoulinant de cette fantastique confiture de framboise que lui préparait sa grand-mère lorsqu'il profitait de ses vacances d'été reculées à la campagne, au fin fond d'une Lozère verte, ocre et violette perdue aux confins des Cévennes et du Plateau de la Margeride. Evitant de faire couler la confiture sur ses doigts, ou pire, sur son pantalon, il rêvassait en fredonnant les premières mesures de la Symphonie du Nouveau monde qui se jouait en fond sonoretout en admirant le soleil se lever sur le quartier en jouant à cache-cache avec chaque cheminée ou chaque coin de toit.

Il n'entendit pas Rahya entrer dans la pièce sur la pointe des pieds, inquiet du silence inhabituel qui régnait au lieu du bruit que d'ordinaire, Lemercier ne manquait de provoquer en s'habillant, se prenant les pieds dans son pantalon, trébuchant sur une chaussure ou laissant tomber ses clés sur le parquet.

— Mais enfin, Jacques, qu'est-ce que tu fous mon vieux? La réunion! On va finir par être en retard !

— Merde. La réunion. Je rêvassais et j'ai oublié où et quand j'étais. Je me dépêche! Le temps d'enfiler mon uniforme et on y va.

Cinq minutes plus tard, le capitaine Jacques Lemercier tentait d'ajuster sa cravate devant le miroir qui garnissait un mur du hall d'entrée de l’appartement tandis que Rahya attendait en trépignant, déjà prêt.

Quelques mois auparavant encore, ses mouvements auraient été entravés par les bras de Mathilde. Elle l'avait toujours trouvé très beau avec son uniforme. Bien sûr ce n'était ni du meilleur goût ni d'une grande discrétion mais il lui donnait un air martial et grave qu'elle aimait beaucoup. Il ne pouvait manquer de se souvenir en observant son reflet dans le miroir même si, le temps ou la fatigue aidant, il n'en laissait rien transparaître. Demain, Natacha peut-être.

Un dernier coup d'œil à travers la grande baie vitrée et ils s'en iraient.

Lemercier et Rahya adoraient ce quartier. Tout le monde adorerait habiter dans son appartement, 77 Place du Champs de Mars, au dernier étage de l'immeuble dans un magnifique duplex. Surtout un ancien pauvre petit pondichérien arraché par miracle aux prisons indiennes.

  


(...)

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