norman-rockwell-the-law-student Ce site est plus spécialement destiné aux étudiants de la faculté de droit de Montpellier, mais tous les visiteurs sont les bienvenus

Il n'est pas sans lien avec le Centre du droit de la consommation et du marché (CDCM) et notamment avec les   Cahiers Teutates qui y sont publiés en ligne.

 

The Law Strudent, Norman Rockwell, 1927

Stockbridge, Massachusetts

 

Figurent dans ce site les cours, notes, articles, etc. qui intéressent ou pas les étudiants, mais également des notes de lectures, peu juridiques, un roman, etc., l'ensemble étant destiné à contrarier l'idée, souvent véhiculée, que le juriste, "confit dans le droit", est destiné à devenir, au mieux, un secrétaire du droit, et au pire un spécialiste de la réglementation qui récite par coeur, comme un benêt, des articles du Code civil et point un juriste, lequel doit, à l'inverse, tenter de comprendre le monde qui l'entoure, être un "honnête homme" comme on disait autrefois, un homme cultivé. Cela dit sans forfanterie ni volonté de donner des leçons au monde entier, avec juste cette petite touche assumée de narcisisme discret que révèle - nécessairement - ce type de blog.

L'ensemble est classé, ou tente de l'être, sur le côté droit de ce site. N'hésitez pas à écrire pour demander quelque chose, une précision, un ajout...

Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 11:35

Et puis, "dans la foulée" comme disent les militaires, comme notre cher Lemercier, le chapitre 14, ne serait-ce que pour me faire pardonner du retard.

 

Sniper alley : cette fois, c'est parti, sur les chapeaux de roue (ou de chenille) dans Sarajevo, ses snipers (serbes), ses victimes (civiles, des vieux, des femmes, des enfants, comme toujours) et une petite réaction, comme il dut y en avoir quoique je n'en ai pas trouvé la trace dans les documents de l'époque. Si cette scène, ou une scène voisine, s'est réellement déroulée, tant mieux, sinon, tant pis, mais il eut été humain, sinon humanitaire, d'imaginer qu'elle pût se dérouler ainsi.

 

Au passage, un petit mot (d'autres suivront, peut-être) d'explication sur la "fabrication" du livre. Je l'ai commencé pendant la préparation de l'agregation de droit où, une fois les révisions faites (fin de thèse puis un an ou deux) et les deux premières épreuves (l'épreuve sur travaux, puis, après une première série d'éliminations, la "sous-admissibilité", l'épreuve de commentaire de texte en huit heures et avant l'épreuve en 24 h donc, pour autant qu'on ne soit pas victime de la seconde série d'élimination, qu'on soit "admissible" donc), on s'ennuie ferme (il n'y a plus rien à réviser, sinon l'ambiance de la dernière, l'épreuve de spécialité en 8 heures) et comme c'était juste après Srebrenica et que j'avais été un peu surpris de la réaction des opnions occidentales, j'avais entamé ce petit travail d'écriture, pour moi seul, pour analyser et comprendre. Il y avait déjà Lemercier, pas encore Rahya, Hussein et Suraya (vous verrez elle arrive dans la troisième partie).

 

Analyser et comprendre quoi? La différence que j'avais ressentie entre les opinions orthodoxes, roumaines par exemple où j'étais en 1993 à l'occasion des premières frappes aériennes, et qui scandalisaient tout le monde là-bas alors que c'était l'absence de frappe qui "choquaient" en occident, du côté latin de l'Europe, cette impression de cauchemar aveugle, par cette nouvelle guerre balkanique, dont le précédent avait abouti à la première guerre mondiale, l'idée qu'on n'était pas fichu de régler cette question entre européen, et qu'il fallait l'appui des américains, le tension ethnique, religieuse, les horreurs sur lesquelles on dressait un voile pudique tout en le soulevant de temps en temps, etc.

 

Voilà. A plus, ami lecteur. 

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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 17:08

Avec un immense retard, dû à d'autres occupations très, très chronophages, et très, très anxiogènes, le chapitre 13 pour dévorer la suite des aventures du capitaine Lemercier.

 

Il s'intitule "bérêt bleu" : nos deux héros arrive dans l'ex-Yougoslavie. Un petit arrêt dans Zagreb, base arrière des "forces" de l'ONU, alors en charge du "maintien de la paix", avant d'entrer en Bosnie, à Sarajevo (ce sera le chapitre 14).

 

 

 

 

Bon, en attendant, j'ai lu pas mal de choses également.

 

Un mot sur "Mélancolie française" de Eric Zemmour.

 

C'est de très mauvais ton de dire du bien de Zemmour, il est très méchant, il est très à droite, il est très conservateur, il très implotiquement correct. infréquentable.

 

Oui, mais voilà, il écrit comme un Dieu (à lire aussi, "L'autre" du même  : si 1/10è seulement de ce qu'il présente révèle les dessous de la vie politique française depuis la mort du général de Gaulle, c'est définitivement à pleurer) et ce qu'il écrit est en plus, très, très bon. J'en parlerai plus avant, après cependant que tu, ami lecteur, aies courru chez ton libraire préféré pour l'acheter et le dévorer.

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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 14:52
Avec un peu de retard (semaine archi chargée), voici donc le départ vers l'ex-Yougoslavie, plongée dans le chaos, avec la Deuxième partie et le Chapitre 12, "Le général et la caporale", et l'arrivée sur Zagreb, la base arrière des forces de l'ONU engagée (enfin, engagée) en Bosnie.

Bonne lecture.

PS : promis, le chapitre 13 arrive plus tôt.
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 17:10

Beigbeder or not beigbeder ? There is no question.


Il est de bon ton soit d’aduler Frédéric Beigbeder soit au contraire de la vouer, sans procès, aux gémonies.

 
41ymppA0BaL SL500 AA300Pour ma part, je fais partie du camp des lecteurs, pour ne pas dire des admirateurs. Bien sûr le personnage peut paraître agaçant, bien sûr il y a une façon, dans ses livres de se mettre en scène, très germanopratine, très gosse de riche, fils de Madame de Chasteigner traductrice des romans de Barbara Cartland, et de son homme d’affaires (de femmes) de père. Mais bon, il a l’honnêteté de le reconnaître, soit comme  Marc Marronnier, ou Octave Parengo, alter ego dans certains de ses livres, soit comme Beigbeder, comme dans son dernier livre Un roman français. Ce livre est touchant, prix Renaudot tout de même, il révèle les secrets, les fragilités qu’on aurait pu deviner sans qu’il le dise, ceux d’un fils cadet écrasé par son frère, ceux d’un fils mal aimé par son père, trop aimé par sa mère.


Il y a du Brett Easton Ellis et du Salinger dans Beigbeder, et il ne cache rien, ni de l’admiration qu'il leur porte ni de l’inspiration qu’ils lui ont offert.

Alors, bien sût, Beigbeder est un gosse de riche, bien sûr c’est un dandy, bien sûr il a fait Sciences Po, bien sûr il est le fondateur du Caca’s Club, bien sûr des petits tracas avec la justice pour avoir sniffé des lignes de coke sur le capot d’une voiture devant les policiers font plus rire que pleurer, bien sûr, sa description du dépôt à paris où il passa quelques heures de garde à vue semblent une découverte tardive d’une réalité qui lui avait échappée jusqu’alors, bien sûr son désir de faire la campagne de Robert Hue à la présidentielle, en alter-Séguéla peut faire hurler les bourgeois, bien sûr ses envolées anti-Jean Claude Marin et, derrière ce dernier, anti-Sarkosy, font grincer, etc.

Mais en même temps tout est réel, la garde à vue, le génie d’un Roman français dans sa 99Fconstruction qui suit cette garde à vue qui lui permet de remonter le temps comme s’il retrouvait peu à peu les souvenirs perdus et les images de son enfance, le dandy et le désinvolte, tellement français, à l’inverse des anglais qui sont dandys et excentriquesausecours (désinvolte, qui se place hors de la volte, hors du jeu, excentrique, qui sort du centre), la provocation de la campagne de Robert Hue en 2002 était ce qu’elle était, une provocation, ses talents de publicitaire, décrits dans 99 F (devenus par une inflation subite, 99 € au cinéma) sont indéniables, puis dans la suite, Au secours Pardon, où Octave Parengo, après avoir été le publicitaire meurtrier de Madone (Hum, Madone !) devient agent de mannequins.

51VKBX0S2EL SL500 AA300Il y a aussi ses romans de jeunesse, Nouvelles d’un jeune homme dérangé, totalement snob, extrêmement dérangeant et écrit pour cette raison, Vacances516R2RPFZNL SL75 dans le coma, 51DG3R2162L SL500 AA300désopilante revue mondaine à partir des affres éthyliques et nihilistes de Marc Marronnier dans le nouveau nigt-club "les Chiottes", Nouvelles sous ecstasy et l’amour dure trois ans, très drôle et très touchant puisque c’est de son premier mariage dont il s’agit, ses méandres irrationnels d’adolescent attardé.



Il y a enfin Dernier inventaire avant liquidation, revue des chefs d’œuvres de littérature et qui prouveront à ceux qui en doutaient qu’en plus d’avoir du talent, il a de la culture, qu'il délivre avec un science touchante. Et drôle.


Enfin, et surtout, il y a ces phrases géniales qui surgissent à chaque coin de page.

"A New York les taxis sont jaunes, à Londres ils sont noirs et à Paris ils sont cons".

Ce qui serait bien, à présent, pour l'évolution de l'histoire du cinéma, ce serait de tourner un film porno où les acteurs feraient l'amour en se disant «je t'aime» au lieu de «tu la sens, hein, chiennasse». Il paraît que cela arrive dans la vie ».

« En cette époque où la jolie femme était devenue un trophée, certaines soirées ressemblaient à des concours de teckels: c'était à celui qui arborerait la plus fraîche bestiole à son bras ».

« L'amour commence dans l'eau de rose et finit en eau de boudin ».

« L'homme est un animal insatisfait qui hésite entre plusieurs frustrations ».

« La célébrité c'est bien; la postérité c'est mieux ».

« A cette époque on priait pour les éthiopiens. Moi je priais surtout pour ne pas leur ressembler ».

 Grinçant et émouvant, drôle et sarcastique, classique et désinvolte, génial et fragile. Beigbeder, donc.

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 09:27
Et bien voilà, lecteur fidèle, le Chapitre 11 qui achève la Première partie d'Une petite croix de malachite.

Cette première partie t'a permis de découvrir la trame de l'histoire, les personnages principaux et surtout l'intrigue, qui va se dérouler désormais, in situ, en Bosnie, entre Sarajevo, les montagnes bosniques, le Mont-Igman, Srebrenica, à la poursuite du mystérieux Hussein.

Découvriront-ils les ressorts de sa quète ; l'enquête, si mal partie "grâce" au tempétueux et maladroit Dunod se poursuivra-t-elle avec un peu plus de force, quelles nouvelles aventures attendent nos deux amis, au cours de ces mois funestes, juin, juillet, août et septembre 1995, quels personnages rencontreront-ils, Lemercier saura-t-il enfin trouver un équilibre amoureux, perdu entre une femme qui l'a quitté et des rencontres, agréables, mais de circonstance ?

Surtout, qui est Hussein?

Vous le saurez, dans le(s) prochain(s) chapitre(s), mais aussi, en achetant (je me permets, médiocrement, de le rappeler) le livre en version papier sur Lulu.
Par lemercier - Publié dans : UPCDM - Communauté : points de suspension
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 08:44

Testament à l’anglaise, de Jonathan Coe à qui on doit aussi Bienvenue au club, est un véritable petit bijou, un de ces bijoux anciens, un bijou finement travaillé, un travail d’orfèvre, forcément très difficile à décrire.

coeestamentC’est à la fois une sorte de roman policier, un fable familiale, une critique farouche des « Tories » et des années Thatcher, un vibrant plaidoyer contre cet argent qui tue, contre toutes les magouilles du monde des affaires.

Le mode narratif utilisé par Jonathan Coe est étourdissant : cela commence par une situation en forme de huis –clos, le héros, Michael Owen est enfermé dans son petit appartement et passe sa vie devant la télévision, plus exactement, alterne entre la télévision et un film qui l’obsède depuis tout petit, A chacun son dû et l’actrice principale notamment, Shirley Eaton (celle qui meurt recouverte d’or dans Goldfinger), plus exactement une scène du film où, dans une vieille maison, rassemblant divers personnage, l’un d’entre meurt, et le héros du film se rend dans la chambre de Shirley Eaton, pensant trouver la sienne et découvre le corps dénudé de celle-ci, refusant la proposition de dormir sans son lit. Bon évidemment, vu ainsi cela n’est guère engageant (mais je n’ai pas le talent de Coe) et pourtant cette scène est l’un de sfils d’ariane du livre, jusque ce que Michael la revive véritablement, à la fin du livre, une fin digne de dix petits nègres d’Agatha Christie.

Michael rencontre sa voisine, Fiona et va nouer pendant quelques mois une relationplatonique, faite de relation ambigüe de frère à sœur, d’infirmière, qui va le sortir de cette apathie mortifère, qu’on ne comprends d’ailleurs pas bien sinon qu’elle semble remonter à une dispute avec sa mère, quelques années auparavant. Et puis très vite, on comprend que Michael est chargé par un éditeur d’écrire l’histoire d’une famille anglaise celle des Windshaw.

Famille absolument épouvantable dont on suit la vie depuis les années 1940 jusqu’aux années 1990 à travers trois générations, toutes plus infectes les unes que les autres, l’un est un banquier rapace, l’autre un homme politique qui passe son temps à trahir, un troisième devient un marchand d’armes qui passe son temps à armer Saddam Hussein, un autre est un critique d’art pourri, l’une une ex-fermière qui devient le champion de la malbouffe, une star des junk médias, etc., tous représentent ce qu’on peut trouver de plus cynique, de plus minable (et génial dans la réussite), de plus inhumain dans la société anglaise (et sans doute d’ailleurs).

Chacun est ainsi peint, par Michael, dans son livre de commande, dont les chapitres s'intercalent dans ceux de la vie de Michael, ce qui est un peu surprenant au début mais qui précisément, révèle le choix narratif de Coe, livre de commande, donc, dont on découvre qu’elle provient de Thabita, une vieille folle (mais elle a vingt ans en 1940) suspecte son frère Lawrence de trahir au profit des allemands, voire d’avoir vendu son frère Godfrey, pilote de la RAF et abattu en Allemagne au cours d’une mission de reconnaissance aérienne. Vingt ans plus tard, au cours de l’anniversaire de leur frère, Thabita revient dans la maison des Windshaw, la Windshaw Tower qui présente tous les aspects de la maison sinistre du film fil d’ariane, et Lawrence tue un type qui a pénétré dans la maison, dont l'identité se révèle, peu à peu essentielle.


On l’aura compris, tout se mélange dans le livre, les personnages, les dates, les rencontres, les événements, à un point et selon une logique tels, et je ne saurais continuer de le présenter ici, sauf à priver la lecture de tout intérêt, que Coe réalise un véritable macramé littéraire, où rien n’est laissé au hasard, les personnages les plus invraisemblables apparaissent, tous avec un rôle précis qui ne se révèle qu’au fur et à mesure de la progression du livre, jusqu'à une fin…enfin, une fin quoi.


C’est un livre magistral, une formidable peinture d’une certaine Angleterre, sans se vouloir pourtant un livre social, une construction véritablement sidérante, un style génial. Un régal.

Par lemercier - Publié dans : roman anglais - Communauté : émotions 2
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 09:54

Devant le succès fulgurant de ce livre, que je mesure à la hauteur des ventes du livre, ébouriffantes, voici la suite, le chapitre 10 (caméra cachée).

En revanche, et m’excusant avec peine cependant, il n’est plus disponible en pdf que pour les quelques premiers chapitres.


Résumons la trame haletante.

 

Une série d'attentats, perpétrés par d'horribles bosniaques, conduits par un certain Josip, frère de Hussein.


Lemercier, capitaine de son état, agent de la DGSE dans ses fonctions actuelles, aidé de son fidèle ami, Rahya, qui peine à s'identifier professionnellement, sinon par une forme de schizophrénie militaire, est sur la piste de ces mystérieux terroristes. Toutes les forces judiciaires et de police à même de les traquer sont sur les dents mais Lemercier semble disposer d’une petite longueur d’avance.

 

Entre ses amours perdus et ses ébats nouveaux, le voilà en train d’enquêter sur le lien possible entre ces attentats à Paris et la guerre en Bosnie et plus précisément avec cette étonnante unité de l’armée bosniaque commandée par le Commandant Hussein.

 

Bonne lecture !

Par lemercier - Publié dans : UPCDM - Communauté : scénario roman net art/web art
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 14:33

Il s’appelle Bernie. C’est un détective privé. Un ancien flic, reconverti dans un emploi de détective d’hôtel.


Introduit comme cela, La trilogie berlinoise de Philipp Kerr qui rassemble trois livres,
L'été de cristal,  La pâle figure et Un requiem allemand ne présente aucune originalité.


Sauf que Bernie est allemand, ancien Kriminalinspector, de la Kripo donc, et intégré au RHSA  de Heydrich (et donc SS), qu’il a quittée pour cause de désaccord avec la purge de la police par les nazis, qu’il vit à Berlin entre 1936 et 1947, pour cette trilogie, qu’il est confronté à la Gestapo, à la SS, qu’il recontre des tas de gens merveilleux, comme Hermann Goering, Heinrich Himmler, Heydrich, Goebbels, etc. ,le tout présenté de manière assez naturelle, quoique noire, façon Phillip Marlow ou Nestor Burma, comme tous les critiques du livre et le premier lecteur venu peuvent le remarquer.


trilogieberlinoiseIl a un bureau triste, une secrétaire fidèle, il picole, aime les femmes faciles qui le quitte aussi aisément qu’elles ont couché avec lui, vit d’expédients et de billets de 100 marks, et, un beau matin, on vient le tirer de ses affaires minables pour retrouver la fille d’un riche industriel, Hermann Six, le tout sur fond de nettoyage de Berlin pour l’accueil des JO et des médias occidentaux.


C’est ainsi que commence le premier épisode, L’été de cristal, comme la nuit, qui se déroule, donc, pendant les JO de 1936, le parti nazi étant en pleine gloire. Bernie est ainsi conduit à rechercher cette fille qui mourra violée à la fin, d’un bijou ce qui permet à l’auteur de mettre en scène les disparitions de Juifs pendant cette période.


Le second, La pâle figure, met en scène Reynald Heydrich, chef du RHSA, qui coiffe toutes les forces de police du Reich, dont la Kripo, ennemi mortel de Himmler, dont la SS lui échappe, et réciproquement, qui contacte notre Bernie préféré pour  résoudre le cas d’un tueur (sexuel) en série, en 1938, au moment de l’affaire des Sudètes.


Le troisième, Un requiem allemand, commence en 1947, à la fin de la guerre donc, dans un Berlin en ruine et découpé en quatre zones d’occupation, sur fond de dénazification truquée, de criminels de guerre en vadrouille, de lutte d’influence entre américain et russes, le conduit en Autriche, où les autrichiennes se prostituent pour manger, Bernie soupçonnant sa femme (il s’est marié entre temps) de faire commerce de son corps pour les mêmes raisons avec un officier américain. Il s'achève en Autriche, après la guerre, entre américains et russes, la guerre froide commençant, justifiant ainsi les premières frictions entre deux blocs, l'allemagne de l'Ouest étant intégré au bloc américain, justifiant de fermer les yeux sur certains éléments du passé allemand.


Tourt les trois présentent, par un auteur écossais, cette Allemagne noire, criminelle, nazie, ces immondes crapules, qui nous terrifient tant.


Il y a au moins deux histoires. La première, basique, est faite d’intrigues policières, pas banales en soi, mais qui n’ont rien d’extraordinairement original.


La seconde est servie par la première : la mise en scène d’une époque, finalement mal connue dans son quotidien, un peu comme Jean-François Parot lorsqu’il met en scène Nicolas  Le Floch, Commissaire du Roi, sous Louis XV. Bernie Gunther visite tous les souterrains, toutes les caves, toutes les poubelles, de l’Allemagne nazie et livre un tableau terrible de cette époque.

«Derrière l’immeuble où était situé mon bureau, se trouvait l’Alex, le quartier général de la police… qui considère aujourd’hui comme criminel le fait de parler irrespectueusement du Führer, coller sur la vitrine de votre boucher une affiche le traitant de «vendu», omettre de pratiquer le salut hitlérien ou se livrer à l’homosexualité. Voilà ce qu’était devenu Berlin sous le gouvernement national-socialiste: une vaste demeure hantée pleine de recoins sombres, d’escaliers obscurs, de caves sinistres… où s’agitaient des fantômes déchaînés qui jetaient les livres contre les murs, cognaient aux portes, brisaient des vitres et hululaient dans la nuit, terrorisant les occupants au point qu’ils avaient parfois envie de tout vendre et de partir.»


C’est ainsi le quotidien nazi, vu de l’intérieur qui est décrit et vécu par Bernie, qui conduit le lecteur à le vivre lui-même. Après quelques pages seulement, on est immanquablement plongé dans cette ambiance nauséabonde, de manière particulièrement réaliste.
 


"Ce soir-là, on eût dit que tout Berlin s'était donné rendez-vous à Neukölln, où Goebbels devait parler. Comme à son habitude il jouerait de sa voix en chef d'orchestre accompli, faisant alterner la douceur persuasive du violon et le son alerte et moqueur de la trompette. Des mesures avaient par ailleurs été prises pour que les malchanceux ne pouvant aller voir de leurs propres yeux le Flambeau du Peuple puissent au moins entendre son discours. En plus des postes de radio qu'une loi récente obligeait à installer dans les restaurants et les cafés, on avait fixé des haut-parleurs sur les réverbères et les façades de la plupart des rues. Enfin, la brigade de surveillance
radiophonique avait pour tâche de frapper aux portes des appartements afin de vérifier si chacun observait son devoir civique en écoutant cette importante émission du Parti."


En outre, Bernie n’est un simple « Batman » un super héros qui se permet tout, une arrogance, une liberté  (une richesse qui lui coûte) des vannes incroyables à l’encontre des brutes épaisses de la gestapo (et recevant les cassages de gueules réglementaires pour cela d’ailleurs).


Le pire, et le meilleur, est le troisième opus, où tout le monde en prend pour son grade, français compris, en dressant un portrait de l’Allemagne, et en fond de l’Europe et du monde, assez saisissant mais sans doute assez exact, loin des clichés sympathiques de grande réconciliation des peuples, de grande dénazification générale. Exactement comme la France de l’époque où tous les collabos (les vrais) n’ont été ni pendus ni éliminés, l’Allemagne est présentée comme ayant fait avec ce qu’elle trouvait, c’est-à-dire des types bien et des salauds.


lamortetriend'autre
Poursuivons avec la suite, La mort entre autres l’apothéose, qui achève cette quadrilogie : cette fois nous sommes en 1949, à Munich. Bernie occupe une chambre d’hôtel en face du camp de Dachau où il a passé un séjour en 1936.

Une femme lui demande de retrouver son mari disparu et nous voilà replongé dans l’univers post-nazi, avec des américains complices des criminels de guerre, avec des faux-ex-nazis et vrais membres de la fraternelle des anciens criminels de guerre, à laquelle il parvient à se mêler, en raison de son passage comme commissaire dans la Kripo, qui était une partie du RHSA et dont les membres étaient automatiquement insérés dans la SS, une vengeance de la Haganah qui parvient à zigouiller près de 2 000 SS emprisonnés.


Une fois de plus, c’est l’ambiance de l’immédiat après guerre qui est magnifiquement mis en scène par Philip Kerr avec un talent exceptionnel.

Par lemercier - Publié dans : polar
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 13:09

A livre ouvert, de William Boyd, déjà un peu ancien, (mais enfin ces lectures ne se veulent pas une revue de l'actualité littéraire la plus brûlante) révèle les carnets de l'écrivain Logan Mountstuart anglo-colombien, présentés comme une autobiographie.

Celle d’un jeune auteur que l’on suit au Lycée puis à Oxford, comme jeune auteur, critique d’art, reporter de guerre, espion de sa gracieuse majesté, galeriste à New York, puis reclus, finissant sa vie, dans le sud-ouest de la France, entre Birmingham, Londres, à barcelon et madrid, pendant la guerre d’Espagne), Paris, les Bahamas, la Suisse (en prison), le Portugal, etc. où il rencontre des gens formidables, des peintres comme Jackson Pollock ou Picasso, avec lequel il se lie d’amitié, des écrivains, comme Hemingway qu’il rencontre à Paris et en Espagne, et avec lequel il découvre 7 toiles de Goya ou Ian Flemming (James Bond) qui le recrute dans les services secrets de sa majesté, d’abord pour espionner Edouard VII, le Roi déchu d’avoir épouser une américaine divorcée (et d’être un porté sur la gloire d’Hitler), des rois ou d’ex-roi, comme Edouard VII,  etc.


alivreouvertToute la vie de Logan Mountstuart se présente comme un accompagnement des grands événement du XXè siècle, entre des femmes qui le quitte, des femmes qui meurent sous les bombardements à Londres pendant qu’il est prison en Suisse (pour y être entrée en parachute en 1944), cette femme qui, le croyant mort s’est remarié avec un islandais de sorte qu’il la perd, avec sa petite fille, deux fois).


Le livre enivre par la variétés des situations, situations comiques, parfois, c’est un écrivain anglais, les situations historiques, mondaines, guerrières, amoureuses, sexuelles (où l’écrivain livre des détails de ses fantasmes ou de ses expériences on ne sait assez déroutantes), des retournements de situations qui ne cessent de pleuvoir : marié, divorcé, remarié, veuf, reremarié, redivorcé, amant de deux femmes de son meilleur ami puis  de bien d’autres, amoureux de l’image de deux prostituées sordides, le tout avec une précision, une émotion, un ensemble de détails plus vrais que nature, en ce sens que seule une autobiographies pourraient, logiquement, les offrir.


Aucune piste n’est laissée au hasard et aucune ne livre, non plus d’indices sur les péripéties de la vie de Mountstuart, qui passe de richesse en pauvreté à un rythme endiablé, d’ami des stars à terroriste en puissance.


Ce qui reste, alors, c’est surtout la solitude du « héros », une vie longue, riche, mais solitaire. Il meurt au fin fond de la France, seul, vieux, abandonné de tous, pauvre, et cette fin semble révéler la réalité de toute sa vie, sauf l’idyllique  second mariage avant la seconde guerre mondiale qui lui sert de fil d’Ariane et de filet de sauvetage mental, et en même temps la solitude de l’écrivain, tiraillé par mille sentiments, et condamné finalement à avoir publié un roman et une critique oubliés. Le contraire de Salinger, au fond, s’agissant tout du moins du succès.

Une révélation.

Par lemercier - Publié dans : roman anglais - Communauté : points de suspension
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 18:55

Back from Verdun, bis.

Après la (re)lecture des Croix de Bois, son envers en quelque sorte, A l'ouest rien de nouveau d'Erich Maria Remarque (Son vrai nom est Kramer ou Remark), écrit en 1929, tourné en film en 1930 aux Etats-Unis, quelques années avant que Remarque ne fuie cette Allemagne qu'il ne reconnaît plus et qui s'est jetée dans les bras des barbares nazis. A 'louest rien de nouveau, car à la fin,le héros meurt, en octobre 1918 alors qu'un communiqué se borna à signaler que "A l'ouest, rien de nouveau".

Son envers parce qu'après le point de vue du poilu français, voilà celui du poilu allemand.

a 'louestLes similitudes sont frappantes, même ignorance des repères temporels, ou spaciaux, mêmes découverte, même Kamaraderie, mêmes scènes épouvantables, mêmes souffrances, mêmes grosses blagues de bidasses, même inconfort, mêmes rats. Même morts.

Il est d'ailleurs assez surprenant de lire des formules assez voisines dans les deux livres, le jeu de la traduction mis à part.

De la même manière que Dorgelès, Remarque présente une escouade, dans laquelle on retrouve des figures types assez voisines de celles choisies par Dorgelès, à cette différence, majeure, près, que cette escouade est constituée de jeunes engagés provenant d'une même classe, pratiquement obligés par leur maître le professeur Kantorek, qu'ils retrouvent d'ailleurs, alors qu'il a été mobilisé comme territorial et lui font subir les pires avanies. Il y a d'ailleurs un plaidoyer sur la vie perdue très émouvant et réaliste, sans doute très à contre-courant ce qu'il fallait écrire en 1929.

Ces jeunes-là ont perdu leur vie : à quoi leur sert donc de connaître des théorèmes de mathématiques, les noms des fleuves, etc. si l'on ne sait pas la différence entre un obus fusant et un obus percutant, si on ne sait pas ramper entre les tranchées, faire la différence entre un "gros cul" (obus français de 400mm) et les fusants qui arrivent en sifflotant, comme par hasard, si on n'est pas capable de mesurer l'impact des bombes, si c'est pour mourir écrasé par le plomb et l'acier dans une campagne ravagée de France? Et à quoi servira donc tout cet apprentissage de la guerre après celle-ci, lorsque tout fera penser à la guerre, et alors que tout le monde aura repris sa petite vie et oubliera bien vite la guerre et ses soldats, morts ou vivants?


« Naturellement, on ne peut pas rendre Kantorek responsable de la chose, autrement que deviendrait le monde si on voyait là une culpabilité? Il ya eu des milliers de Kantorek, qui, tous, étaient convaincus d'agir pour le mieux, d'une manière commode pour eux.
 Ils auraient dû être pour nos dix-huit ans des médiateurs et des guides nous conduisant à la maturité, nous ouvrant le monde du travail, du devoir, de la culture et du progrès - préparant l'avenir. Parfois, nous nous moquions d'eux et nous leur jouions de petites niches, mais au fond nous avions foi en eux. La notion d'une autorité, dont ils étaient les représentants, comportait à nos yeux, une perspicacité plus grande et un savoir plus humain. Or, le premier mort que nous vîmes anéantit cette croyance. Nous dûmes reconnaître que notre âge était plus honnête que le leur. Ils ne l'emportaient sur nous que par la phrase et l'habileté. Le premier bombardement nous montra notre erreur et fit écrouler la conception des choses qu'ils nous avaient inculquée.
Ils écrivaient, ils parlaient encore et nous, nus voyions des ambulances et des mourants ; tandis que servir l'Etat était pour eux la valeur suprême, nous savions déjà que la peur de la mort est plus forte.»


"A liouest rien de nouveau" est plus sombre encore que "Les croix de bois", les croix étant ici noires (au passage, quelle explication pour la couleur des croix? Blanches pour les français, les anglais ou les américains, noires pour les allamands. Pour les croix plantées par les allemands, cela vient du marbre de bavière, mais pour celles plantées par les alliés? J'ai lu une explication, peu convaincante, selon laquelle les vainqueurs avaient des croix blanches, les vaincus des croix noires, mais Dorgelès raconte voir sa première croix noire au tout début du livre, à une date ou par hypothèse, le vainqueur est inconnu).

Plus sombre car la souffrance des soldats est présentée de manière plus terrible, plus noire; ainsi, la nourriture qui finit par rendre les soldats plus malades que les bombes, ainsi le temps passé dans les tranchées, ainsi le sentiment de perdre la guerre, sensible à la fin du livre, ainsi les descriptions des horreurs des tranchées, des pelles utilisées dans les combats au corps à corps, plus efficaces que les baïonnettes, les terribles effets des bombes, des gaz, par retour à l'envoyeur.

"A l'ouest rien de nouveau" est plus pacifiste aussi que "Les croix de bois" et rend hommage à tous les morts de la guerre ; c'est un cri tout entier de haine à la guerre, de haine aux hommes de guerre, un chant d'amour à la vie. Un livre formidable.

Par lemercier - Publié dans : romans de guerre
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 20:07

Alias Caracalla de Daniel Cordier est un témoignage vivrant de ce que fut la Résistance française, cette résistance qui ne fit pas beaucoup de bruit, celle des villes, des réseaux, des rencontres, des réunions, racontée par un acteur exceptionnel, Daniel Cordier qui fut de 1940 à 1943 le secrétaire personnel de Max.

cordierPour ceux l'ignorent encore, Max, Rex, c'est Jean Moulin.

Mais cela Daniel Cordier ne le sait pas ; il ne l'apprendra qu'après la fin de la guerre en entrant dans un restaurant alors qu'un ami lui présente la soeur de Jean Moulin. "Et alors?". Mais c'est la soeur de Max, ton patron".

Le patron, tel est jean Moulin pour Cordier, durant toutes années, racontées dans un journal qui commence au début de 1940 et s'achève en 1943 (1943 c'est l'arrestation de Moulin, son "interrogatoire" par barbie à Lyon puis à paris et sa mort alors qu'on le transporte en Allemange).

Le patron c'est une muse pour Cordier, fils de famille, élevé chez les frères, Action française, et maurassien, Camelot du Roi à ses heures, avec ses copains, comme le sont tous les jeunes de l'époque qui lui ressemblent, fils de bourgeois qui honnissent la république, la "gueuse" et prônent le retour de la Vraie France, une France débarassée des Juifs, Blum et consorts, des républicains, une France forte, celle de 1918, celle de 1814, en réalité.

C'est un leurre bien entendu, dont Cordier ne se rend pas compte, fuyant l'envahisseur vers Londres, via Pau et un cargo dans lequel ils s'embarquent avec quelques amis et des compagnies de rencontre, pour se battre, contre l'Allemand, l'ennemi hériditaire, confiant dans le discours de Maurras, dans la verve de Pétain, qui sauront, tous, se liguer contre cet envahisseur, plus fort aujourd'hui.

C'est la rencontre avec de Gaulle, lui-même, à Londres, ils ne sont qu'une poignée alors, sans uniforme, sans arme, sans argent, l'entraînement dans un régiment de Chasseurs, le choix d'une vie en France, une vie de clandestin, comme bien de ses copains, qui formeront, d'ailleurs, l'ossature de la résistance, et qu'il ne cessera de retrouver en France et un nouvel entraînement, au saut en parachute, aux actes de sabotage, aux rencontres, aux boîtes aux lettres, aux techniques de combat rapproché, qui doivent faire de lui un expert dans l'action clandestine. Un tueur. Un combattant.

Ce sont, déjà, des idoles qui vacillent, l'abandon par Pétain, le suivisme de Maurras, alors que de Gaulle, à Londres, condamné à mort depuis peu, qu'on entouré de communistes et de juifs, continue de résister. C'est la rencontre avec Raymond Aron, Juif, qui le convertit à la conversation d'un universitaire déjà chevroné, avec la camaraderie militaire, l'envie d'en découdre.

C'est le parachutage, près le Lyon, la découverte d'une France grise et triste, lorsqu'il la compare à Londres colorée malgré les bombardements.

C'est le début de l'expérience de la clandestinité, des réseaux la rencontre avec Max qui le subjugue, un Max qui s'amuse des idées politique de Cordier, qui explique ses positions, la République, la démocratie, une autre France et la lente conversion de Cordier, le dégoût devant les exactions contre les Juifs.

Tout cela raconté pas à pas, en respectant les noms de code des personnages qu'il rencontre et donc certains sont l'histoire, le général Delestraint, Claude Bourdet, Pascal Copeau, georges Bidault, pierre Villon, Pierre Brossolette, Henry Frénay,
, etc. Tous, il a affaire à tous, puisqu'il est l'agent de liaison de Max. Il voit et administre parfois les querelles, les jalousies, le combat pour les places, déjà, les enjeux financiers, les journeaux, la constitution des premiers maquis, les doutes, les morts, les disparitions, les trahisons.

Bien sûr, ce témoignage, ce journal suppose une certaine familiarité avec les personnages, surtout lorsqu'ils évoluent sous nom de code, mais il reste un livre formidable, une magnifique histoire vécue et humaine de la Résistance.

Difficile de ne pas comparé avec L'armée des ombres de Joseph Kessel, tourné auarméedesombres cinéma par jean-Pierre Melville avec une pléiade d'acteurs inoubliables, Ventura, Signorel, Cassel, qui présente, au fond la même histoire, la même résistance, à Lyon, vue du côté des hommes de main, Gerbier, "le bison", plus réaliste aussi, avec l'exécution du traitre, simplement évoquée par Cordier, et racontée avec force détails par Kessel.

Etourdissant.

Par lemercier - Publié dans : histoire - Communauté : points de suspension
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 22:37

De retour de Verdun, à la demande de mes deux aînés, qui voulaient avoir une vision un peu plus claire de ce que leur disaient deleurs professeur d'histoire, je n'ai pu m'empêcher de reprendre les livre que j'avais lus à leur âge, en commançant par Les crois de bois, de Roland Dorgelès.croix de bois

Roland Dorgelès a écrit ce roman en 1919. Ce fut un immense succès. Il manqua le prix Goncourt en 1919 (Proust lui fut préféré pour à l'ombre des jeunes filles en fleurs, ce qui n'était tout de même pas une faute de goût non plus).

 

Deux choses m’étonnent. La première c’est le nombre infiniment petit des livres écrits sur la guerre, en général, la première mondiale en particulier : les croix de bois, le feu de Henri Barbusse, A l’ouest Rien de Nouveau (de Remarque (prochain article), Orage d’Acier de Junger, L’Equipage de Joseph Kessel et c’est à peu près tout. Il y eu ensuite La chambre des officiers, il y a Tardi et sa verve dessinatrice et c’est à peu près tout. Comme si les survivants ne pouvaient pas communiquer.

 

Cela me fait penser à une phrase, que j’ai lue quelque part, de Simone Veil (la ministre), rescapée d’Auchwitz (ce qui signifie du camp ET de la marche forcée, marche à la mort imposée par les SS pour échapper au russes en 1945) qui disait, à son retour en France courant 1945 et alors qu’on lui demandait pourquoi elle n’avait pas raconté plus tôt son histoire, qu’il y avait deux raisons. La première était que ses auditeurs ne pouvaient se figurer ce qu’elle avait vécu. Seuls les rescapés pouvaient comprendre, de telle manière que la parole s’est diffusée mais de manière restreinte, interne, à un petit groupe qui pouvait comprendre. La seconde c’est l’ennui ressenti par ses auditeurs. Simone Veil évoque une formule « passe-moi le sel ». Chaque fois qu’elle évoquait ce qu’elle avait vécu dans les camps de la mort, ou qu’elle commençait de l’évoquer, il y avait toujours quelqu’un pour la couper d’un ton qui ne supportait pas de n’être pas suivi d’effet : « passe-moi le sel » ce qui signifie « tais-toi ».

 

C’est sans doute ce qui justifie le peu de témoignage que l’on recense sur les deux guerres mondiales, autres que des livres d’histoires ou des fictions, cette incapacités pour ceux n’ont pas connu les tranchées de comprendre celles-ci et leurs acteurs, de quelque camp qu’ils fussent, et l’ennui, ressenti par l’ « arrière », les « embusqués », ceux qui ont continué à vivre, par-delà la guerre, et qui , au fond, envisagent la vie au-delà de la guerre, c’est-à-dire au-delà d’un épisode qui a détruit les vies, y compris celles des survivants.

 

Cette observation donne un sens particulier aux livres que j’évoquais, à commencer par Les croix de bois. Le livre raconte,  sans fioriture, la vie d’une escouade (c’était une formation d’une dizaine d’homme, commandée par un caporal en général, partie d’une section, commandée par un officier, un lieutenant, elle-même partie d’une compagnie, quelques 150 hommes, quatre sections, commandée par un capitaine, le tout dans un bataillon, puis un régiment, puis une brigade éventuellement, plus souvent une division, un corps d’armée, une armée).

Une escouade donc, formée de types totalement disparates. Il y a le caporal Bréval, le « cabot » dans l’argot de l’époque, un caporal atypique car il cherche surtout à préserver la vie de ses gars, à les ménager, il y a Jacques Larcher, le narrateur, qui ne semble être là que pour visiter les impressions livrer par les autres. Il semble être une sorte de mouche, qui parle parfois, mais ne se livre pas. Il y a Sulphard, un rouennais, gouailleur et râleur, il y a Bouffioux, un gros type qui cherche (et parvient) par tous les moyens, à éviter le front et les tranchées, volontaire pour n’importe quoi, couturier, conducteur, cuisinier, n’importe quoi plutôt que finir dans une tranchée. Il ira pourtant. Il y a Gilbert Demachy, le riche, l’intello (un juriste), qui mène la vie des hommes, au caractère doux, le gars sympa. Il y en a bien d’autres, bien entendu.

 

Tous vivent, et meurent, au rythme des tranchées. Des tranchées, on ne sait trop rien. On devine parfois une localisation ; il est question du bois de Vauquois (j’ai visité), en Argonne, à quelque 30 kilomètres à l’Ouest de Verdun) mais sinon, on ne sait pas dans quelle bataille les gars sont impliqués. On sait que cela commence courant 1915, puisqu’ils commencent le livre avec les pantalons rouge « garance », et touchent l’équipement "bleu horizon" au tout début du récit, et on le livre finit en 1918, tout à la fin. Mais il n'y a jamais aucune date, comme si, et c'était certainement, le cas, les dates n'avaient aucune importance : la guerre devait durer quelques semaines et on devait mettre une raclée aux prussiens ; ensuite, le seul élément temporal était soit les "perm", rares, soit les durées : une semaine dans la tranchée, deux semaine en seconde ou troisième ligne (on prend des obus sur la tête ici aussi), puis l'arrière, et cela recommance, sans fin.

 

Cette "non expression" géographique et temporalle permet de centrer le livre sur la vie, les impressions des personnages : quel que soit le lieu, quel que soit le camp (la proximité avec le livre de Remarque, A l’ouest, rien de nouveau, c’est-à-dire le côté allemand de la guerre, est à cet égard assez sidérante). Dorgelès ne cherche pas, à coup de formules pédagogiques, à donner au lecteur des informations sur la vie dans les tranchées. Mieux vaut lire à cet égard un bon livre bien fait avant (Pierre Miquel, La première guerre mondiale, par exemple), pour pouvoir se pencher sur la réalité de la vie, la vie imaginaire, la vie pensée, la vie quotidienne de ces laboureurs de la mort.

 

Un chef d’œuvre, à n’en pas douter, comme les autres que j’a cité, surtout pour nos générations aisées et favorisées, celles qu’o ne connaissent de la guerre, et tant mieux, que les images à la télévision. Mais la réalité de la guerre, celle vécue par les irakiens, tous les soldats qui se battent dans tous les coins de la terre, c’est sans doute la même que celle racontée par Dorgelès.

 

 

Par lemercier - Publié dans : romans de guerre - Communauté : points de suspension
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 12:08
Je viens de publier ce magnifique ouvrage, une petite croix de malachite, sur Lulu.com. Il y est disponible à la vente.

J'espère que, ayant pu profiter de la publication des premiers chapitres, vous aurez autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à l'écrire.

merci pour tous les encouragements que j'ai pu recevoir, merci aux premiers lecteurs.

Support independent publishing: Buy this book on Lulu.
Par lemercier - Publié dans : UPCDM - Communauté : scénario roman net art/web art
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 15:17

Et le chapitre 9, suite des deux précédents, avec lesquels il fait corps, toujours dans les nbureaux du ministre de l'intérieur. Nous sommes en juin 1995, la menace, si menace il y a se précise, du moins pour nos deux compères. 

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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 15:25
Les chapitres 7 et 8 (le 7 étant assez court), en commençant par le chapitre 7 (le 8 suit, par les liens qui y figurent.

Jusqu'à présent, Lemercier a été présenté, et on commence à mesurer sa vie, son entourage, mais également les éléments de l'intrigue.

Dans le Chapitre 7 et surtout le Chapitre 8 (itou in the 9), l'intrigue commence à se dessiner encore davantage, avec la description d'une réunion qui délimitera la mission, en Bosnie, qui sera celle de nos deux héros.
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